Recherche

Accueil / CDoc / Recensions / La maternelle Première école, premiers apprentissages

Ce livre rassemble différentes contributions qui toutes défendent l’importance de l’école maternelle comme « première école », celle qui va permettre à tous les enfants, quelque soit leur origine familiale, sociale ou culturelle, de devenir des élèves.

Cette mission est ambitieuse et complexe car, si l’enfant vient à l’école pour apprendre, il doit en même temps apprendre l’école et sa spécificité : « un milieu collectif structuré pour l’étude, où se construisent des savoirs dans l’exercice de la pensée avec les autres ». Le livre insiste sur la nécessaire précocité de cet enseignement pour remédier à l’inégalité des chances ainsi que sur la compétence professionnelle indispensable à sa réussite.

Un des défis majeurs de l’école maternelle est d’attirer l’attention des élèves sur les enjeux cognitifs des tâches et situations organisées par l’enseignant et sur les apprentissages attendus. Or, pour les enfants de milieux populaires en particulier, l’accomplissement de la tâche (colorier des pommes, par exemple) risque de les détourner de son objectif (l’apprentissage du dénombrement) et ce malentendu creuse l’écart entre les enfants au lieu de le combler.

Amener les élèves à passer du « faire » au « dire le faire » puis à « penser le faire », ensemble, telle doit être la compétence professionnelle de l’enseignant de maternelle. C’est ce que met en scène la dernière partie du livre, en montrant, dans différents domaines d’apprentissage, comment le développement cognitif s’effectue dans un contexte didactique précis.

Le langage est au cœur de ce cheminement vers la réflexivité et l’abstraction, à la fois objet d’étude et outil de communication, dans une démarche spécifiquement scolaire car, dans son milieu familial, l’enfant n’est pas naturellement amené à commenter ses actions.

Écrit au moment où un ministre de l’éducation nationale s’interrogeait sur la pertinence d’une formation universitaire pour les enseignants de très jeunes enfants, ce livre revendique pour l’école maternelle une ambition à la hauteur du défi de l’inégalité sociale et propose à ses enseignants des outils pour une mise à distance et une interpellation de leurs pratiques. Pour initier tous les enfants à la culture scolaire et permettre qu’elle devienne vecteur d’émancipation et non plus de décrochage, les enseignants eux-mêmes doivent chercher à en saisir les enjeux et clarifier les implications de leurs choix didactiques.

Sous la direction de Christine PASSERIEUX, La maternelle. Première école, premiers apprentissages, Chronique Sociale, 2009.