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Accueil / CDoc / Recensions / Les troubles du comportement à l’école

Voici un ouvrage dont tout enseignant devrait disposer dans sa bibliothèque. Car chacun d’entre eux rencontre un jour ou l’autre un enfant perturbateur (et perturbé ?) dont il doit gérer le comportement afin de permettre à tous les enfants de la classe – dont lui-même – d’apprendre. Et trop souvent encore, lorsque la situation devient difficile pour les uns et les autres, la seule solution trouvée est de proposer à cet élève un autre environnement scolaire qui « lui conviendra mieux ». Pour que de telles exclusions, parce que c’est ainsi qu’il faut les appeler, soient les plus rares possible, il faut que les enseignants et l’ensemble des équipes éducatives soient informés et formés à enseigner à ce type d’enfant.

L’ouvrage offre de très nombreux éléments d’informations, mais également des pistes d’intervention, que ce soit en termes de diagnostic, de remédiation, et de dispositifs pédagogiques. C’est d’ailleurs la grande qualité de ce livre que de trouver l’équilibre entre une définition clinique des principales difficultés d’adaptation psychosociales à l’école (TDAH, Trouble oppositionnel avec provocation et trouble des conduites, usage de drogues et délinquance, dépression et suicide, violence à l’école et décrochage scolaire), l’évaluation des troubles de comportement de l’élève mais également l’évaluation du contexte scolaire, ainsi que les possibilités d’intervention.

L’une de ces pistes d’intervention retient particulièrement notre intérêt : la pratique de l’inclusion scolaire. Il s’agit donc de placer tous les enfants du même âge dans la même classe, dans la même école de leur quartier et ce, qu’ils aient ou non des besoins particuliers. Sans nier la difficulté d’un tel choix pédagogique, les auteurs de ce chapitre soulignent les conditions que doit respecter ce dispositif : 1. la prise en considération des besoins de l’élève en prenant le temps de vérifier les avantages qu’il aurait à être placé dans ce type de classe ; 2. la planification du temps nécessaire à la concertation des membres de l’équipe éducative ; 3. la priorité à la formation continue de l’ensemble des intervenants scolaires ; 4. l’évaluation de la pertinence des interventions pédagogiques utilisées ; 5. la répartition des ressources humaines afin d’intégrer dans l’équipe tout le personnel, enseignants et intervenants spécialisés. Ambitieux donc, mais possible, puisqu’en Italie, en 2002, 97,80 % des élèves ayant des besoins particuliers étaient intégrés dans des classes ordinaires.

Line MASSÉ, Nadia DESBIENs et Catherine Lanaris (dirs.), Les troubles du comportement à l’école, Prévention, évaluation et intervention, , Editeur Gaëtan MORIN, 2006.