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Accueil / Politique / Prises de position / Prises de position 2012 / La remédiation scolaire : une politique du sparadrap ?

La remédiation scolaire au secondaire ne permet pas de lutter contre les inégalités sociales. Même si elle permet de garder une forme de cohésion sociale autour du projet de l’École, en maintenant l’espoir chez les jeunes et leur famille, ChanGements pour l’égalité (CGé) dénonçe sa fonction d’individualisation dans le parcours scolaire. C’est la conclusion de notre étude récente menée en parallèle au rapport de la Fondation Roi Baudouin (FRB)

La politique de remédiation scolaire actuelle prétend donner à tous des chances égales de réussite et ainsi lutter contre la dualisation de l’enseignement. Mais de quoi la remédiation scolaire est-elle vraiment faite ? Permet-elle réellement de lutter contre les inégalités scolaires ?
Par ailleurs, de plus en plus d’écoles de devoirs, payantes ou non, proposent d’accompagner les élèves pour faire face au travail scolaire et cela dès l’école primaire. L’externalisation de la réussite scolaire est-elle devenue la norme ? L’École n’a-telle pas la capacité d’assumer son objectif essentiel : faire apprendre tous les élèves ?

En première analyse, nous rejoignons le constat de la FRB : au sein des écoles, de nombreux enseignants déploient de la créativité et de l’énergie au service des élèves en difficulté. Le travail de remédiation a une valeur certaine au niveau du maintien ou de la restauration de la motivation des élèves.

Mais en deuxième analyse, les discours que nous avons entendus, pointent la motivation, la responsabilité et l’autonomie de l’élève ainsi que la qualité de la relation pédagogique comme conditions nécessaires à la remédiation. Tous ces éléments, malgré leur pertinence, convergent pour forger une responsabilité individuelle de la réussite ou de l’échec et peuvent conduire à des sentiments d’impuissance ou de culpabilité.

CGé dénonce des pratiques de remédiation qui posent comme prérequis, des attitudes qui devraient être les objectifs mêmes du travail de remédiation. Ceci a pour conséquence de rendre la remédiation principalement accesseible aux élèves au capital culturel et social fourni. Par contre, les élèves issus de milieux moins favorisés risquent de ne pas en profiter faute de comprendre les apports, les attentes et les enjeux du système.

Pour lutter contre les inégalités, CGé insiste sur la nécessité de collectiviser la responsabilité des apprentissages. Nous voulons renforcer le travail d’équipe des enseignants particulièrement au premier degré et revoir radicalement la place de ce degré en lien avec l’enseignement primaire. Nous voulons renforcer les pratiques pédagogiques qui permettent aux élèves de collaborer et de se renforcer comme les membres d’une chorale et non comme les candidats de la star’Ac.
Les questions posées par la remédiation au secondaire renvoient à l’urgence et l’importance de mettre tout en œuvre pour que tous puissent entrer dans les apprentissages scolaires dès le fondamental.

Anne Chevalier, secrétaire générale CGé
Sandrine Grosjean, coordinatrice de l’étude Remédiation

- La remédiation scolaire - une politique du sparadrap ? Par Sandrine GROSJEAN, Étude CGé 2011
- Parution dans Le Soir le 16/01/2012.
- Le débat continue le 19/01/2012 sur le site lesoir.be sous le titre : faut-il réglementer les inscriptions au fondamental ?