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Le voilà le numéro fruit du weekend d’écriture annuel proposé par l’équipe de rédaction de TRACeS à ses lecteurs. Après la rigueur de l’an dernier, le plaisir… Nos petites histoires, nos remises en question, nos points de vue permettront-ils à d’autres de se décaler et de penser autrement leurs pratiques ?

Plaisir d’apprendre ! Et puis quoi encore ? C’est quoi cette histoire de plaisir partout et tout le temps ? Laissez le plaisir en dehors de cela et ne venez pas tout gâcher avec vos alibis de markéting ! Après le green washing, le plaisir learning ?

Ça ne date pas d’hier ! Moi je dis que tout a commencé avec Mary Poppins : le morceau de sucre qui aide la médecine à couler… Tout un programme ! Et hop !, on range sa chambre en chantant, et zou !, on voyage dans les pays imaginaires sans se fatiguer, on danse sur les toits avec les ramoneurs et Supercalifragilisticexpialidocious !, voilà que l’éducation est terminée, la crise bancaire oubliée et les familles réconciliées ! Et après on s’étonne de récolter, mais 68, Woodstock 69, Punk 77 et de perdre le gout de l’effort.

D’abord, on peut avoir du plaisir sans apprendre vraiment. Même à l’école ! Tous les démagos du temps scolaire animé vous le confirmeront. Faire et refaire ce qu’on sait déjà faire, laisser faire en bordant gentiment, sentir le sens du poil et ronronner en chœur, le temps passe plus vite et le prof est sympa. On se targue de pédagogie active et de créativité, on valorise les égos au nom de l’émancipation et on exhibe ses beaux résultats : ils savent communiquer, dire ce qu’on attend d’eux qu’ils disent, refaire comme on leur a dit de faire, chercher la bonne ré-ponse dans un paquet et même montrer aux autres comment le faire. Mais bon, au fin fond du fond, ils n’ont rien appris.

Et puis est-ce qu’on peut avoir du déplaisir d’apprendre ? Le problème c’est quand on n’apprend pas, quand on passe des heures et des jours et des mois de ses plus belles années assis sur une chaise à ne rien apprendre ! Ça, ce n’est pas gai, c’est même inhumain et on se demande comment des milliers de jeunes peuvent tolérer ça chaque année sans mettre plus de tension dans les écoles que quelques coups de gueule vite réprimés.

Faut pas tout mélanger. Cette histoire de plaisir d’apprendre, c’est l’histoire de la queue qui mange son serpent ! Après tout, quand on apprend vraiment, ça fait toujours plaisir, non ?