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Cette nouvelle étude CGé s’inscrit dans le droit fil de l’exposition Melting classes organisée dans le cadre des 40 ans de notre mouvement. Là, les visiteurs (principalement des personnes qui travaillent dans ou autour de l’école) étaient invités à parcourir trois espaces qui correspondent aux trois étapes de la démarche interculturelle définies par la sociologue Margalit COHEN-EMERIQUE. La première étape est celle de la décentration, avec au centre le concept de l’identité et le travail à faire pour pouvoir prendre distance avec nos appartenances, nos codes et nos valeurs qui collent à la peau et forment inconsciemment notre cadre de référence culturelle. La deuxième est celle du la compréhension du cadre de référence de l’autre, qui demande un déplacement par rapport à soi, une ouverture à la parole de l’autre. Et enfin, vient l’étape de la négociation-remédiation qui s’inscrit dans la phase de résolution des problèmes lorsque les codes culturels en présence sont en grande distance ou même s’opposent et entrent en conflit.
Les trois premiers chapitres de l’étude, qui correspondent également à ces trois étapes, reprennent pour les lecteurs des éléments de l’exposition : des textes d’auteurs qui ont vécu des fractures identitaires, des photos qui donnent à voir autrement des portraits, des récits de pratique et des témoignages. Une diversité de traces du travail fait à l’école, dans des associations et aussi dans le monde artistique. Un quatrième chapitre s’intéresse à la formation des enseignants.
Comme à l’exposition, le mot culture ne se réfère pas aux seuls aspects ethniques. Les cultures de classes sociales sont aussi prises en compte. Comme le dit Noëlle DE SMET, les différences entre classes sociales « ont changé, mais existent toujours, entre travailleurs et non-travailleurs, celles/ceux qui se vivent utiles et celles/ceux qui se vivent inutiles. Les écarts et les inégalités se renforcent, les exclu-e-s sont de plus en plus nombreux/ses. Ces écarts sont toujours producteurs de honte et d’humiliation pour les uns/unes, de fierté et de valorisation pour les autres. Or le rapport entre les résultats scolaires et la culture de classe reste encore majoritairement méconnu, voir nié. La “démocratisation” de l’école ne change en rien la reproduction du système. »
La place aux paroles vraies comme carburateur nous semble un bon moteur de changement. Les collaborations avec le monde associatif sont des tremplins potentiels. L’ouverture au monde artistique permet un détour par un autre langage, pour prendre chacun en compte, tel qu’il veut être et faire. Cette étude a un aspect melting que nous avons voulu classe !

Coordonné par Annick BONNEFOND, Melting classes. Écoles et cultures en changements, ChanGements pour l’égalité, 2011-2012. Partie 1 et 2