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Nos amis des Cahiers Pédagogiques ont fêté récemment la parution
de leur numéro 500. Ce volumineux et passionnant « 500  » décline « apprendre » dans (presque) tous les cas de figure possibles. Des paroles
d’écoles, bien sûr. Des paroles d’ailleurs. Des « pourquoi ?
 ». Des « comment ? ». Des questions sur les contenus, sur le numérique…
Florilège de citations pour donner envie.

«  … ce qui pousse d’abord à apprendre, c’est le plaisir, lequel, en retour, permet
de fournir l’effort toujours nécessaire, qu’il soit de mémoire ou d’attention.
Si l’école, dès le primaire, est un lieu où on fait l’expérience de l’échec, du
“je suis mauvais”, “je n’y arrive pas”, un lieu pas hostile mais bizarre, parce
qu’il ne fait pas appel du tout à votre monde originel, le cout de l’apprentissage
est trop grand et le plaisir ne vient que de s’amuser avec les autres qui sont
dans la même situation
 » Annie Ernaux
«  … j’ai vu, dans l’école Freinet que nous avons analysée pendant 5 ans,
à quel point un milieu pédagogique favorable pouvait stimuler des enfants
qu’on disait en grande difficulté…
Ce qui m’inquiète, ce sont les pratiques sociales qui mettent l’argent et la
visibilité médiatique au-dessus de tout, et des comportements sociaux orientés
vers le clinquant et qui survalorisent la compétition au détriment de la
coopération
 » Yves Reuter
« … nos quartiers sont encore la scène d’une vision misérabiliste de la
culture et d’un savoir qu’il faudrait transmettre à des personnes défavorisées
par leur condition, leur histoire et leur culture. Combien d’acteurs sont encore
agis par cette vision péjorative de leur public et de leur travail ? Combien
d’acteurs éducatifs et sociaux ne sont pas encore auteurs (c’est-à-dire producteurs)
de leur activité ? En pédagogie Freinet, en pédagogie sociale, nous
partageons cette intuition que la capacité de produire le savoir l’emporte sur
la capacité d’assimiler
 » Laurent Ott
« … le rôle et les compétences des enseignants vont évoluer. Ils doivent
devenir des utilisateurs agiles du web, être capables de penser leur métier en
intégrant les apports du numérique tout naturellement, sans avoir besoin de
faire des prouesses techniques exceptionnelles. Ensuite ils doivent se penser
plus comme des “architectes cognitifs” centrés sur les processus d’apprentissage
tels qu’ils sont en train de se transformer, et non plus comme des apporteurs
de connaissances. Enfin, ils doivent être plus que jamais porteurs de
langage, de verbalisation, d’explicitation, de ce qui est vécu, compris, appris
 » Sandra Enlart
« Quant aux compétences, rien ne justifie qu’elles envahissent tout. Aimer
son pays, respecter les différences, avoir l’esprit critique ou apprécier la musique
peuvent être affichés comme des objectifs de l’éducation scolaire, sans
qu’il soit pertinent d’en faire des compétences. Le “tout compétences” rend le
concept confus et affaiblit la préoccupation de préparer les jeunes à affronter
une partie des situations que leur proposera ou leur imposera la vie qui les
attend, choisie ou subie
 » Philippe Perrenoud
« Le danger reste grand, y compris dans l’entourage des mouvements pédagogiques,
de se gargariser de projets rutilants, de technicité et de brassages
théoriques qui permettent à leurs promoteurs de se faire une place enviable
sous le soleil de l’innovation pédagogique… Il est bon de rappeler le sens de
l’exergue des Cahiers Pédagogiques : “changer la société pour changer l’école,
changer l’école pour changer la société” à condition de n’oublier aucun de ses
termes
 » Pierre Madiot
Choisis en toute subjectivité. Et à discuter évidemment ! Un numéro à
déguster par petites bouchées plus savoureuses et stimulantes les unes que
les autres.

Apprendre au XXIe siècle, Cahiers Pédagogiques, N° 500, Novembre 2012.