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"Cultures numériques, tablettes, Internet, portables, mais aussi wiki, pad, réseaux sociaux, open source ont-ils un dialogue à tisser avec l’Éducation nouvelle ? Et réciproquement ?
Au cours du week-end de travail nous nous interrogerons, sur la base de nos expériences et de nos ignorances, sur les liens entre deux mondes qui semblent tantôt s’ignorer, tantôt se récuser.
Le rapport au savoir, la coopération, l’échange, le rapport à l’autre sont profondément bouleversés par des manières émergentes de communiquer, chercher, inventer, créer, toutes liées au numérique et à l’Internet.
En quoi tout cela est-il de nature de bouleverser notre recherche d’une Éducation nouvelle. ?"

(Invitation lancée au printemps 2015 par le GFEN Provence à ses amis pour l’un de ses rendez-vous trimestriels.)

Depuis quelques temps déjà l’informatique interroge nos mouvements d’Éducation nouvelle, perturbe nos raisonnements et nous ne savons pas toujours comment partager nos interrogations avec nos élèves ou apprenants. Nous sommes nombreux en effet à pressentir que les changements qui se dessinent sont bien au-delà de la question technique.

Impatients de voir de nouvelles possibilités se développer en matière d’accès à l’information, de communication, de gestion de questions qui nous tiennent à cœur (démocratie, santé, éducation, etc.), nous voilà tout autant inquiets quand les libertés individuelles sont mises à mal ; quand la marchandisation des savoirs se généralise ; quand on prétend ranger au musée des archaïsmes la chose publique elle-même au nom d’un idéal qui se veut « libéral ».

Comment travailler le paradoxe ? Comment initier à une rupture qui sous des apparences technologiques est certainement un tournant civilisationnel, un grand chambardement qui nous conduit à belle allure vers un futur humain indiscernable encore ?

Je rends compte ici d’un modeste week-end de travail [1] au cours duquel nous avons voulu planter quelques jalons pour une recherche à venir au carrefour des questions d’éducation et du numérique. Je décris cinq incursions, trois demi- journées pour poser ensemble quelques repères en compagnie d’un public plutôt non-initié (enseignants mais pas seulement), parfois favorable, parfois réticent.

Première incursion / Autour des normes, l’entrée par l’expérience

Pourquoi aborder la question de l’Internet par l’expérience, par les usages réels ? Peut-être pour commencer par résister au jugement ! Prendre en compte le faisceau des pratiques spontanées, devrait être le premier souci de tout éducateur. Mener l’enquête, opter pour la clinique avant de se lancer dans quelque analyse que ce soit, est un garde fou déontologique. Plus tard viendront les expérimentations, les problématisations, les mises ne perspective.
Consigne : Travail individuel. Chacun fait l’inventaire, heure par heure, de ses usages numériques (ordi, tablette, GSM, photo, etc.) un jour ordinaire, puis confrontation en petits groupes. Enquête faite... les uns lisent leur mails au réveil dès que retentit le smartphone qu’ils ont programmé de leur musique préférée tandis que les autres le font le soir ou « de temps en temps » et refusent par principe tout message arrivé dans la nuit de leur établissement scolaire ! Certains cuisinent l’œil rivé sur la tablette, naviguent d’un site de gastronomie à un autre tout en consultant la page d’accueil de leur feuilleton préféré quand d’autres visitent le vrai frigo à l’ancienne, à la recherche de restes à accommoder. En voiture, le GPS dialogue parfois avec la bonne vieille carte routière, mais pas toujours. Ne parlons pas des livres. Lire sur tablette ? Impossible dit A., outré. B avoue l’inverse, un peu honteuse néanmoins (on pourrait la prendre pour une geek, en dépit de son âge). C. aimerait au moins « faire l’expérience ». Des goûts et des couleurs.
(Extraits de la collecte de témoignages)

Yves Schwartz [2], parlant du travail, dit : « le travail, c’est l’usage de soi, pour soi, par d’autres, pour d’autres ». Exportée vers l’informatique, cette approche nous interroge : « et si le numérique, était aujourd’hui une des formes émergente d’usage de soi par soi, par d’autres, pour d’autres » ?
« Tout homme veut être sujet de ses normes », dit le médecin-philosophe Georges Canguilhem. Et si, avec l’informatique, jamais autant de domaines n’avaient été simultanément concernés devenant de nouveaux « terrains pour la normativité », terrains « d’usages de soi ».
« Faire norme », c’est vivre, prendre sa place dans le monde, avec et contre les autres. Avec et contre leurs normes. Le numérique exacerbe aujourd’hui en chacun d’entre nous cette nécessité (ce désir ?) de choisir et donc de s’affirmer... comme sujet. Que l’on soit pour ou contre, méfiant ou confiant, on choisit et on est choisi ! Je reviendrai sur ce dernier aspect.
À travers l’informatique et le numérique, un ensemble de gestes et d’usages plus ou moins sociaux, se (re)configurent de manière nouvelle aujourd’hui dans des espaces sous forte tension. Mais l’espace des choix est fortement contraint : pression commerciale et publicitaire, effets de mode, phénomène de groupes avec appartenance à telle ou telle communauté d’usagers, clivages idéologiques du type « innovateurs VS conservateurs », conflits de génération, multiplication des informations de toutes sortes à propos des produits, tout cela fait qu’y affirmer un libre arbitre est loin d’être évident ! Ce qui se (re)configure touche à différents domaines : nos rapport au temps et à l’espace ; la manière dont nous gérons nos liens aux autres ; dont nous préservons ou exposons nos jardins secrets ; dont nous gardons trace. La manière dont nous apprenons, nous divertissons, consommons, etc. Jamais autant de domaines n’ont été simultanément touchés : de la sphère intime et du relationnel au monde des savoirs et des apprentissages ; du quotidien à l’extraordinaire ; de l’ici à l’ailleurs, à l’imaginaire, à la langue, etc.
La question pour les éducateurs est donc de faire de la confrontation de nos « pulsions normatives », de leur prise de conscience et de leur problématisation, un facteur de développement des personnes, un outil de prise de recul, et ce hors de tout jugement. C’est, en substance de ce qui suit. Voici quelques amorces parmi d’autres.

Deuxième incursion / Retour vers le futur

Consigne : lecture de documents qui tous relatent des usages numériques innovants. (ex. une publicité pour la nouvelle « appli » d’un grand journal ; une info sur les « dix meilleurs logiciels du mois » ; un document sur les voitures connectées ; un autre sur les imprimantes numériques pour fabriquer des organes ; etc.). Question : qu’est-ce qui se dessine de notre vie future à travers ces documents ?

Enquête faite... des gestes nouveaux qui d’ailleurs très vite entrent dans notre quotidien [3], lesquels en retour se payent par une intrusion de l’économique dans des dimensions de la vie jusque là préservées (éducation, culture, nature, etc.) ; collecte opaque de données privées et commercialisation de celles-ci (la googlisation) ; contrôle insidieux de nos pratiques culturelles (Jusqu’à quelle page avez-vous lu tel livre ? Quelle musique préférez-vous ? D’autre ont en plus vu tel film, acheté tel reproduction ? Etc.) ; séquestration subtile des personnes dans des éco-systèmes informatiques qui ne communiquent pas entre eux voire censurent ( ex. la marque à la pomme) ou à l’inverse sont ouvertes à tous les vents, même les plus discutables (le concurrent de « la pomme ») ; « ranking », c’est-à-dire classement généralisé des personnes, des pays, des produits, et même – depuis PISA tous les enseignants le savent à présent - des systèmes scolaires [4], etc.) ; sans parler d’une solitude croissante, d’une dématérialisation des relations, etc.
D’où des questions à travailler : comment nous informer au mieux au sujet de cette machine technologique qui file à toute allure ? Comment, à travers nos usages numériques, réguler nos choix de vie qui sont des choix de valeurs.
Comment résister là où c’est nécessaire et continuer de développer « l’humain » ? Tout cela est matière à débat.

Troisième incursion : le numérique est-il une évolution, une mutation, une révolution ?

Mais avant les débats, marche en arrière toutes. Il s’agit de produire des « récits pittoresques » autour de thèmes tels que « ma première voiture ou celle de mes parents », « le jour où ma mère / mon père ont acheté son premier lave-linge, son premier réfrigérateur », « ma première perceuse électrique », ma première « machine à écrire électrique », mon « premier GSM », etc.
L’implicite de cette consigne est de développer la « problématisation » autour du binôme « continuité / rupture » en matière technologique. Qu’avons-nous gagné et/ou perdu autrefois avec des outils qui aujourd’hui sont totalement ordinaires ? Ce qui était autrefois « nouveau » a-t-il remplacé l’ancien ? Gutenberg est-il obsolète ? Ancien et nouveau peuvent-ils coexister et si oui, dans quelles conditions ?

Puis passage par l’expérimentation.
Quatre groupes sont constitués. Ils se scindent à chaque fois en deux sous- groupes travaillant sur des consignes différentes :
- Expérimentation 1. Consigne : « Lettre à Élise » : les uns disposent d’un ordinateur et d’un branchement internet, les autres non.
- Expérimentation 2. Consigne : écriture d’une missive au Gfen Provence : les uns disposent d’un ordinateur et d’un branchement internet, les autres non.
- Expérimentation 3. Chacun fait sa page perso d’un réseau social nouveau qui s’appellerait « ME ». Il imagine sur A4 une maquette et des débuts de textes.
- Expérimentation 4. Écoute de musique : Les uns disposent d’un ordinateur et d’un branchement internet avec un abonnement à un site de streaming (écoute en ligne), les autres non.

Enquête faite...
... des gains en temps, en vitesse, en facilités d’usage ; une mise en disposition de données quasi illimitées ; un accès immédiat large et quasi gratuit à une bibliothèque d’œuvres de toutes sortes, à des classements, des indexations, des outils de recherche, des liens, etc.
... qui se payent de la nécessité de posséder des savoirs de nature logico-mathématique et procédurale nouveaux (notamment les fameux « systèmes d’exploitation »), ce qui a un coût, suppose un apprentissage, des formes nouvelles de litteracie [5] et génère potentiellement de nouvelles exclusions...

Quatrième incursion : le numérique, une nouvelle organisation des savoirs et du monde ?

Un débat s’ouvre ensuite, étayé par de textes d’extraits de :
-  La cathédrale et le bazar (Eric S.Raymond) où sont mis en balance deux modes d’organisation : « la cathédrale », c’est-à-dire le fonctionnement pyramidal des entreprises et administrations classiques ; le « bazar », c’est-à-dire les « réseaux » qui mettent en avant la coopération, le partage, les régulations horizontales.
-  Pour un humanisme numérique, Milad Douehi qui pose la question des nouveaux modes d’organisation des savoirs sur l’Internet avec cette crainte qu’il ne soit que « catalogue », empilement, réponse informative à des questions pré-construites. [6]
-  Les immatériaux, catalogue du l’exposition du même nom réalisée par le philosophe Jean-François Lyotard au Centre Pompidou Paris en 1985. L’idée phare de cet expo est que la matière n’est plus celle qui se présente devant nous de manière tangible et que nous transformons mais qu’elle est désormais de plus en plus invisible, faite de signes et de symboles que nous produisons, lisons, trions, synthétisons.
Qu’est-ce que le numérique ? Milad Douehi [7]. Autour de la nécessité de « travailler ensemble sur les modalités d’une nouvelle forme de gestion de la mémoire, de l’identité et du savoir, et d’élaborer une éthique ». Milad Douehi appelle au développement d’autres savoirs et de nouvelles pédagogies. « Il est certes possible de voir dans le numérique une nouvelle convergence entre l’humanisme et la technologie (...) Mais il s’agit de déployer une pensée pragmatique et politique : accepter les mutations introduites par le numérique et insister sur l’indissociabilité de nos valeurs et de l’accès au contenu ne sont que les premiers pas dans notre aventure avec cette technologie devenue partir intégrante de notre existence ».
Ce débat peut se mener sous forme « d’atelier-colloque » : les textes sont d’abord étudiés en sous-groupes ; puis on organise un jeu de rôle sous la forme d’un « débat entre experts » avec modérateur, questions de la salle, par ex. Le débat peut se terminer par des écritures individuelles ou des récits comme si des journalistes avaient été présents, etc.
Cette forme de problématisation permet d’éviter des lectures fastidieuses mais fait surtout de la construction de la pensée et des savoirs un objet théâtral et langagier à la manière des débats télévisés qui peut-être rappelleront les disputations des théologiens d’autrefois.

Cinquième incursion / Wiki et valeurs.

Pourquoi terminer par un wiki [8], et en plus « papier/crayons/peinture » seulement ? Pour poser la question posée du travail coopératif dans le numérique aussi ! Vu tantôt comme objet fétiche du constructivisme à la papa, tantôt comme emballage publicitaire pour gadgets branchés, la coopération mérite mieux !
En effet, le numérique pourrait bien être, a contrario de toutes les craintes énoncés jusqu’ici, une autre manière de mettre en œuvre des valeurs telles que démocratie, coopération, affirmation de soi et, en classe, en formation, le support d’une réflexion de nature politique et idéologique.
En effet, si les technologies, en tant que telles, sont neutres, leur usage, en revanche, ne l’est pas. L’urgence ne serait-elle pas alors de désintriquer deux catégories : l’innovation technologique d’un côté ; de l’autre, les stratégies industrielles et commerciales de quatre ou cinq grands groupes internationaux qui agissent dans la sphère marchande certes, mais aussi sur le terrain des mentalités et verraient bien « la technique » devenir une sorte nouveau modèle social post-industriel.

Creusons la question et cherchons sur internet autour du mot « technique ». Je lis dans le blog d’Aline Louangvannasy [9], philosophe : « Pour Martin Heidegger, l’avènement de la technique constitue le phénomène central des temps modernes. L’hégémonie de la technique sur le monde moderne représente à ses yeux l’ultime manifestation de cette idéologie (la métaphysique du sujet) qui depuis Descartes entendait faire de l’homme »le maître et le possesseur de la nature" (Discours de la méthode, 6° partie).
La relation technique de l’homme au monde consiste à appliquer le principe de raison au réel lui-même, ou à considérer que le réel est conforme aux lois de la raison. De plus la technique se représente tout ce qui est (...) comme un simple objet pour la volonté : les choses n’ont de réalité que comme objets manipulables et utilisables par le sujet. L’impérialisme de la volonté humaine transforme ainsi le monde environnant en un stock de moyens et d’énergies disponibles pour assurer la maîtrise de l’homme sur la nature. C’est ce que Martin Heidegger nomme « l’arraisonnement » : le réel ne prend du sens pour l’homme que comme ressources d’énergies ou de matériaux soumis à la maîtrise scientifique et technique. La nature est, pour ainsi dire « sommée » de fournir ce dont l’homme a besoin. (...)
L’arraisonnement apparaît donc comme le péril suprême car il masque la vérité, et notamment la vérité de ce qu’est l’homme pour l’homme. La volonté de maîtriser le monde n’est plus désormais au service d’une émancipation de l’humanité, mais elle se retourne contre l’homme lui-même.
« _ Consigne : Il s’agit de produire de manière coopérative »un objet de savoir multimedia« qui pourrait être mis en ligne. Un tirage au sort est fait à partir de thèmes proposés [10]. Chaque groupe travaille pendant 15 min. sur le sujet qu’il a tiré avec un premier média (par ex. crayons et papier ; ou appareil photo numérique ; ou ordinateur ; ou gouaches et pinceaux). Puis mise en commun. Les productions sont présentées et questionnées par les autres groupes. Puis chaque groupe reprend et poursuit son travail avec un second média. Puis un troisième. Etc.
Surprise ! Très vite la panoplie des outils (numériques ou non) devient secondaire ! Ce qui fait avancer les groupes, ce sont bien plus la spirale production-réception-analyse-production-réception-analyse ; le questionnement entre pairs ; la mise en projet ; le déplacement mental que provoque chaque nouveau média.

Pour ou contre le numérique : plaidoyer

Pratiqué sous sa forme de wiki, le numérique apparaît comme un outil, (petit certes, mais à portée de main), pour mettre en garde contre cette volonté de puissance qu’évoquent les philosophes de la « technique » et d’en saper l’évidence.
Mais la rupture culturelle et civilisationnelle est peut-être aussi à chercher ailleurs encore. Ne serait-elle pas dans le fait que ces formes nouvelles de travail, telles le wiki (le numérique plus généralement), mettent en place une manière augmentée (« multimédia ») de capter, d’organiser et de présenter le réel. D’en proposer ensuite lecture. Une manière nouvelle de chercher à en garder trace, d’interroger ces traces et de les configurer pour autrui.
Une façon de faire lien autour d’une production certes, mais surtout d’une élaboration collective et complexifiée de la pensée, au carrefour de plusieurs systèmes de signes. Tout le contraire d’une prise pouvoir de certains sur d’autres fondée sur des pensées « linéaires » à l’anciennes.

Conclusion

Les vraies ruptures du numérique sont donc à mettre en scène avec des apprenants contradictoirement dans deux directions notamment.
D’un côté, dans tout ce qui touche à la manière « augmentée » (« multimédia ») de capter, d’organiser et de présenter le réel. De faire lien entre les humains. De produire et donc de penser ensemble.
De l’autre, dans ces domaines où le numérique exacerbe les questions comme jamais auparavant. J’en énonce quatre :
- le contrôle des assertions à l’heure de la reproductibilité généralisée. Comment s’administre « la preuve » ? Qu’en est-il du « vrai » et du « faux » ?
- la mise en scène du savoir qui reste encore trop catalogue de réponses et rien que cela. Comment nous préserver d’un abrutissement [11] subtilement new look qui, plus que jamais, met en scène le savoir comme catalogue de réponses (certes cliquables), quand nous savons que ce savoir est en réalité de plus en plus production collaborative, partage de questionnements, donc « controverse ». C’est la dimension épistémologique.
- la protection la propriété intellectuelle. Quelles nouvelles formes de copyright imaginer, même si du côté de l’open source bien des choses s’inventent qui font écho aux pratiques spontanées de nos mouvements socio-politiques actuels tels que CGE par ex.? Qu’opposer à la récupération marchande et privatisée de l’expérience collective et des savoirs qui s’y élaborent ?
- qu’en est-il enfin du sujet ? De sa possible exacerbation égotiste à l’heure des réseaux sociaux, blogs et autres sites de rencontre ? D’une dilution du subjectif dans le labyrinthe des machines, quand c’est au contraire d’émancipation, d’esprit critique et de pensée en regard de « l’autre » dont nous avons besoin [12].

(Cet article a été écrit directement sur tablette et ordi à l’aide d’un traitement de texte, d’un dictionnaire en ligne et d’un logiciel de prise de notes. Avec accès régulier à l’Internet (recherche et contrôle des citations, choix de mots, recherche bibliographique). Les documents du week-end étaient stockés sur le cloud mais aussi transmis par courriel. Les photos numériques ont été retravaillées avec un logiciel de retouche d’images. Le week-end avait été préparé en partie par visiophonie avec prise de note simultanée sur une page rédactionnelle collaborative, appelée pad.)

notes:

[1Ce week-end a été imaginé et animé par Anne-Laure MICHEL, Nicolas MICHEL, Tristan MUZARD, Michel NEUMAYER.Un seul parti pris : « tous sont capables » d’entrer dans ces questions mais la priorité ne doit pas être la maitrise du geste informatique. C’est le questionnement qui compte à propos d’un objet d’abord culturel, politique, savant.

[2Yves Schwartz et par ex. Travail et Ergologie. Entretiens sur l’activité humaine (avec Louis Durrive), Octares

[3Au hasard, car chaque jour la liste s’allonge : être informé par son Smartphone dès le réveil sur ses sujets d’actu préférés, commander un séjour à partir de son journal, laisser sa voiture se garer toute seule, payer son parking par GSM, voyager uniquement avec des billets électroniques, prend son pouls avec sa montre connectée, refaire une pièce défectueuse de son lave-linge avec son imprimante, fabriquer un livre à la maison, demander à son réfrigération quels sont les achats à faire, converser en langue étrangère par visioconférence avec traduction automatique immédiate, etc.

[4Évaluer sans noter, éduquer sans exclure, un ouvrage collectif et transfrontière du Lien international d’Education nouvelle (www.lelien.org) coordonné par Michel Neumayer (GFEN) et Etiennette Vellas (GREN), en coopération avec Colette Charlet (GFEN), Mounira Khouadja (GTEN), Pascale Lassablière (GBEN)

[5« La littératie numérique n’est pas (...) un niveau fonctionnel minimal mais plutôt une capacité de participer à une société qui utilise la technologie numériques dans les milieux de travail, au gouvernement, en éducation, dans les domaines culturels, dans les espaces civiques, dans les foyers et dans les loisirs ». (www.eduscol.education.fr) Cette notion pose donc la question de formes nouvelles »analphabétisme" numériques cette fois-ci.

[6Quand nous prônons une « auto-socio-construction des savoirs » !

[7Les ouvrages de Milad Douehi sont accessibles en e-book sur l’Internet.

[8Un wiki permet la création, la modification et l’illustration collaboratives de pages à l’intérieur d’un site web (Wikipedia)

[10Nous avions imaginé : »Histoire de l’éducation nouvelle« ; »Avenir de l’éducation nouvelle« ; »Éducation nouvelle et nouveaux apprenants« ; »Éducation nouvelle et pratiques artistiques« ; »Une éducation nouvelle à l’échelle internationale ?" D’autres entrées étaient évidemment possibles.

[11Je fais référence ici à Jacques Rancière, La maître ignorant, cinq leçons sur l’émancipation, Coll. 10-18.

[12Lire à ce sujet : Roland Gori, Faut-il renoncer à la liberté pour être heureux, Les liens qui libèrent, 2015. On y lit en 4ème de couverture : « La promesse du bonheur faite au peuple et aux individus constitue, à l’instar des religions et des idéologies, un opium qui les prive de leur liberté. En les berçant avec la vieille chanson de l’abondance du bien-être, en les insérant toujours plus dans des réseaux de surveillance de contrôle au motif de les protéger des risques et des dangers, le pouvoir libéral contraint les citoyens à abandonner leurs libertés publiques au profit de l’automatisme des procédures. (...) Au nom du bonheur et de la sécurité auxquelles les individus aspirent, le pouvoir prescrit un mode d’emploi du vivant qui substitue à la culpabilité fondatrice du lien social, la dépendance à la rationalité des instruments numériques et des procédures normatives » et http://www.repairedaubagne.fr/2015/05/faut-il-renoncer-a-la-liberte-pour-etre-heureux/