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On peut faire ses courses, regarder la télé, faire l’amour, être heureux, peut-être même exercer un métier, sans pouvoir atteindre le niveau 2 sur l’échelle de compétence en lecture définie dans le Programme international pour le suivi des acquis des élèves de 15 ans (PISA 2000). C’est-à-dire :

  1. Localiser un ou plusieurs éléments d’information, dont chacun peut devoir répondre à plusieurs critères. Traiter des informations contradictoires ;
  2. Identifier l’idée maitresse d’un texte, comprendre des relations, constituer ou appliquer des catégories élémentaires, ou dégager du sens d’une partie limitée du texte lorsque l’information n’est pas mise en évidence et qu’il est fait appel à des inférences de bas niveau ;
  3. Faire une comparaison ou établir des liens entre le texte et des connaissances extérieures, ou expliquer une caractéristique du texte en se fondant sur l’expérience et des attitudes personnelles. »

On peut certes vivre, et mourir, sans atteindre ces compétences élémentaires de lecture. On peut prétendre que la mesure PISA n’est pas précise ou entachée d’erreur. On peut nier qu’il y a un problème en Communauté française et trouver de nombreuses explications, ou excuses, aux résultats.

On peut invoquer nos 5 % d’enfants immigrés (3 % en Flandre), nos 13 % d’enfants nés en Belgique et de parents immigrés (4 % en Flandre, 2 % d’allochtones en Finlande).

On peut... Mais... Qui peut affirmer que des difficultés de lecture ne constituent pas un handicap sérieux pour l’épanouissement personnel, une bonne insertion sociale et la recherche d’un emploi ? Qui peut considérer comme insignifiant le fait que 28 % des jeunes de 15 ans de notre Communauté n’atteignent pas ce fameux niveau 2 alors qu’en moyenne pour les pays de l’OCDE, ce sont 18 % qui ne l’atteignent pas ? Qui trouve normal que 43,5 % de nos jeunes de 15 ans soient déjà en retard scolaire ? Qui peut se retrancher derrière les 30 % des élèves de 15 ans qui possèdent des compétences de lecture de haut niveau et juger les 28 % les plus faibles comme des exceptions qui confirment la règle du bon fonctionnement de l’enseignement ? Qui peut prouver que les immigrés et les enfants d’immigrés ont des résultats moins bons que les autochtones à niveau social égal ?

Qui souhaite que cette situation perdure ? Qui veut pérenniser une société qui exclut et se construit sur l’inégalité ? Qui défend une école impuissante à réduire l’écart et incapable de donner à presque tous des outils conceptuels indispensables ?

Alors, au boulot...