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« La vision socioconstructiviste perçoit l’apprenant comme l’acteur principal dans son apprentissage en ce sens qu’il construit sa propre perspective du monde à partir de sa propre expérience individuelle. »

« L’apprenant est le créateur de sens. L’élève propose donc des buts, les négocie avec l’enseignant. Alors que dans la perspective cognitiviste l’apprenant reçoit passivement l’information préparée par l’enseignant pour la traiter activement, la perspective socioconstructiviste quant à elle reconnait à l’élève un contrôle non seulement sur comment il apprend, mais aussi sur ce qu’il apprend.
L’élève apprend dans des situations de résolution de problème auxquelles il s’intéresse. Le rôle de l’élève serait de déterminer son niveau de compétence et d’établir son rythme d’apprentissage. Le rôle de l’enseignant serait d’accompagner l’enfant en l’aidant à exprimer sa perception de la réalité dans les situations problématiques en utilisant des éléments d’un langage socialement reconnu (langage mathématique, logique discursive, concepts culturels, vocabulaire affectif, etc.), en l’aidant à établir des buts réalistes, en l’aidant à structurer la tâche en portions que l’élève puisse gérer, en voyant à ce qu’il dispose de ressources diverses pour apprendre et en l’assistant au besoin pour apprendre à accéder à ces ressources. Le résultat de cette relation pédagogique n’est pas l’appropriation de la même réalité par tous les apprenants, mais la création de signification personnelle. Le résultat est un apprentissage différencié, sur mesure. » [1]
Dans le cas où l’enseignant a fait, ou utilise, une étude épistémologique d’une matière recouvrant un certain nombre de concepts, qu’il en a tiré des choix didactiques débouchant sur une séquence de situations-problèmes proposées aux élèves mis en situation de recherche, de quoi s’agit-il ?
« L’étude épistémologique » est aussi bien relative à la genèse des concepts au sens de l’histoire de l’humanité que propre à l’évolution de leur perception auprès d’adultes et d’élèves observés. On parle de « choix didactiques » parce qu’on défend et argumente un certain ordonnancement des problèmes et non qu’on se réfère à des vérités immuables. Il s’agit bien de constructivisme si les questions posées posent un défi, si elles sont à la portée de l’apprenant tout en forçant son dépassement, autrement dit si « on part du terrain de l’élève sans y camper » [2]. Il s’agit de socioconstructivisme si le travail se fait individuellement, en petits groupes et que des synthèses structurantes clôturent des séances et en relancent d’autres. Dans ce type de processus, l’élève apprend, il est actif, peut-être même très actif... Mais il n’est en rien acteur !

notes:

[2Selon une expression due à Nicolas Rouche.