Recherche

Commandes & Abonnements

Enseigner aux plus petits comme aux plus grands, un métier aux multiples facettes !

S’épanouir pour grandir

Je suis institutrice maternelle à 4/5e temps, dans une dynamique de classe verticale. Nous travaillons en équipe, sur un plateau qui réunit une soixantaine d’enfants âgés entre 3 et 6 ans. Je suis responsable du groupe de 3e maternelle.
La manipulation est très importante chez les plus petits, les activités sont donc fonctionnelles et ludiques, organisées selon les projets, les idées des enfants, mais toujours axées sur les apprentissages. Des activités répétitives rythment la journée et la semaine à l’école, comme autant de repères pour les enfants : la psychomotricité, le graphisme, les ateliers artistiques, les surprises, les contrats, et des moments plus structurés pour les apprentissages.
Rendre les enfants autonomes, leur donner des outils pour grandir et être heureux dans leur vie sociale à l’école, telles sont mes priorités.

Partager pour enseigner

Un jour par semaine, je quitte mon petit cocon pour rejoindre une autre classe où les tables et les chaises sont bien plus grandes. Je porte ma nouvelle casquette, celle de MFP (maitre de formation pratique) dans une Haute école qui forme les enseignants de demain.
Je vais ainsi pouvoir partager mes expériences, la réalité du terrain et répondre aux questions des étudiants, donner une image plus concrète de notre métier et des nombreuses compétences qu’il exige de nous. On ne choisit pas ce métier seulement parce qu’on aime les enfants.
« Plasticine et bac à sable » est un cliché qui ne valorise pas notre métier. Actuellement, les parents ont une vie professionnelle bien remplie et délègue parfois certaines de leurs fonctions aux enseignants. Soigner les blessures, consoler les chagrins, prêter une oreille attentive, apprendre des règles de vie et le respect des différences… font aussi partie de notre quotidien.

Pour les ateliers de formation professionnelle (AFP), je suis entourée de psychopédagogues et de professeurs de discipline. Nous proposons des activités au travers desquelles les étudiants pourront observer, expérimenter, analyser et structurer différentes composantes pédagogiques. Ce cours privilégie l’alternance terrain et analyse réflexive. Les étudiants sont répartis par paires dans différentes écoles. Voici le dispositif qui s’adresse aux étudiants de première, appliqué à l’exemple concret de la thématique du jeu.
Il se déroule en 6 étapes :

- l’expérimentation des thématiques au niveau adulte et analyse des concepts en jeu. Nous proposons différents jeux de coopération, que nous pouvons rencontrer en classe maternelle, nous invitons les étudiants à y jouer sans les règles et puis avec les règles. Ils comparent les différentes situations et ils définissent les caractéristiques du jeu. Les objectifs sont de réfléchir sur l’éthique du jeu et de pouvoir choisir un bon jouet dans une approche variée. Nous apportons également un apport théorique « plaisir, liberté, gratuité, activité », des articles, une bibliographie, une ludographie…
- l’observation de la manière dont les thèmes sont travaillés en classe maternelle. Les étudiants sont dans leurs écoles de stage pour observer les jouets de la classe, les coins-jeux, les enfants qui jouent ainsi que le rôle de l’enseignant. Nous profitons de ce moment pour rencontrer les enseignants afin de leur expliquer le fonctionnement de nos AFP et organiser des réunions de préparation entre les différents partenaires de l’école normale.
- les préparations d’activités en lien avec ce qui a été vu aux étapes 1 et 2, supervisées par les formateurs. Les étudiants créent par petit groupe une fiche d’activité en déterminant les éléments indispensables pour l’animation d’un moment jeu. Nous structurons cette fiche ensemble afin que les étudiants aient tous les outils nécessaires pour préparer leur activité jeu. Cette fiche doit être la plus complète possible, mais peut être adaptée à la personnalité de chacun.
- des essais en classe maternelle et l’autoévaluation. Les étudiants proposent leur jeu en classe maternelle. Il est indispensable que les étudiants aient préparé leur jeu et évaluent leur animation en reconnaissant les facilités et les difficultés et en cherchant des solutions. En tant que MFP, nous allons observer leurs essais, leur donner des idées, des conseils dans un but constructif.
- le partage d’expériences avec structuration méthodologique. Les étudiants présentent leur séquence-jeu réalisée en classe. Ils partagent leur vécu et nous recherchons ensemble des pistes de solution, d’amélioration. Nous partageons aussi nos expériences, en rappelant certaines idées plus théoriques, en posant des questions…
- l’enrichissement des préparations et la mise en projet. Nous rencontrons les étudiants individuellement ou par paire de stage pour superviser les préparations. Nous pouvons ainsi répondre à des besoins plus spécifiques et individualiser les apprentissages.

Les sujets abordés assurent les premiers pas dans l’enseignement maternel : les jeux, l’organisation spatiale et temporelle, la communication, le conte, le chant… Ce cours est lié aux cours de pédagogie et d’identité enseignante. Les AFP présentent le volet plus méthodologique.
Mon rôle est d’apporter une réflexion fondée sur l’expérience pratique. Notre préparation irréprochable du point de vue théorique peut basculer en quelques secondes par la spontanéité des enfants, par la vie animée de la classe.

Enseigner pour évoluer

Être MFP me permet aussi de remettre en question mes pratiques pédagogiques, de replonger dans des théories parfois oubliées, de partager des idées, de rencontrer d’autres équipes éducatives et de m’ouvrir ainsi à de nouveaux horizons.
Je me sens plus proche des étudiants que des autres professeurs de la Haute école. Moi aussi, j’expérimente, j’adapte continuellement mes activités. Ce que je propose aux enfants évolue en fonction des projets et des besoins de la classe. Et le rappel des théories me permet aussi de mieux cibler les apprentissages et l’organisation de la classe.

Accueillir pour communiquer

Régulièrement, des étudiants des différentes années viennent réaliser des stages en classe. Je suis là pour répondre à leurs questions et leur montrer les différentes facettes de notre métier. Nous les aidons, les guidons pour mener à bien leur formation. Il faut permettre aux étudiants de se remettre en question en acceptant l’erreur comme un tremplin vers la réussite.
Accueillir un stagiaire en classe ne me met pas sur un piédestal, mais crée un partenariat. Ce qui est dommage c’est que nos étudiants de 1re année restent une année dans la même classe de stage. Les apprentissages des étudiants dépendent trop du professeur et de leur école de stage.
Mais il n’est déjà pas facile de trouver des milieux d’accueil pour nos étudiants en bac1… Il faudrait davantage leur ouvrir les portes de nos classes pour qu’ils puissent vivre leurs premiers essais.