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Bosser ensemble !

En fin de parcours, l’étudiant ou l’apprenti est censé montré sa connaissance ou son habilité dans le domaine qu’il a étudié ou le métier qu’il a appris. À la fin du secondaire, dans un enseignement de transition, il s’agit de montrer qu’on est prêt à transiter vers un enseignement supérieur.

Quand l’examen de maturité a été supprimé, la maturité est devenue une prérogative du conseil de classe qui l’attribuait sur simple avis. Quand la maturité a été abrogée, certaines écoles comme la nôtre ont constaté un vide. Qui a été comblé par un TS, travail dit de synthèse, rebaptisé plus tard TFE [1].

L’objectif principal du travail de synthèse était de donner aux étudiants l’occasion de réaliser un travail personnel et de se réaliser en quelque sorte. On a assisté à plusieurs dérapages. Bénéficiant de nombreuses ressources, beaucoup d’étudiants développaient un sujet, parfois très compliqué, écrivaient des textes soignés et défendaient avec brio leur travail. Mais, dans des domaines poussés de la philologie, de la physique médicale et bien d’autres, éloignés de l’enseignement secondaire, on constatait qu’ils en parlaient bien mais sans bien en comprendre le contenu.

Nous avons voulu changer radicalement le cadre, en le restreignant d’une part : le travail doit s’intégrer à un cours de sixième année sur la base de l’utilisation des outils conceptuels de ce cours ; et en l’ouvrant d’autre part : l’élève peut développer des produits finis de nature différente comme une exposition, un guide, une mini-entreprise,…

Faire avec le prof

Pour ma part, les cas où cela a été productif, c’est le plus souvent quand le sujet traité était à la fois un sujet de recherche pour moi et pour l’élève, avec la même motivation de part et d’autre.

Quand je me suis intéressé très profondément aux perspectives (cavalière, classique, cylindrique curviligne,…), on a pu aboutir à des travaux d’étudiants personnels et profonds sur ce sujet. Parce que la connaissance du sujet me permettait de mettre clairement en évidence les choix à faire par l’étudiant, parce que ma recherche sur le sujet les orientait directement vers les bons ouvrages, parce que mon intérêt pour le thème provoquait des rencontres plus fréquentes et une certaine stimulation. Dans toutes ces expériences de recherche collective, l’apprentissage est substantiel et engendre de nouveaux rapports profs-élèves bienfaisants pour les uns comme pour les autres.

Etats de gamme

L’année passée, nous avons travaillé, avec une petite équipe de profs et d’élèves, l’histoire des gammes en musique. Tous ensemble, nous avons décidé des chapitres à développer. Le travail de recherche puis d’écriture a été réparti entre élèves et professeurs. Il a fallu des musiciens pour jouer et illustrer les phénomènes étudiés, des mathématiciens et des physiciens pour expliquer les phénomènes, des techniciens informatiques pour réaliser une présentation interactive des documents sur site et cédérom. Pour chaque travail, il s’est trouvé des compétences particulières, du côté des élèves ou des professeurs.

On constate cependant que ce type de travail commun reste une pratique rare dans l’établissement, pour des tas de raisons que vous n’aurez aucune peine à deviner.

notes:

[1Travail de fin d’études. De « maturité » à « synthèse » puis « fin d’études », on a l’impression d’une dilution mais ce n’est peut-être qu’un sentiment laissé par l’appellation sans rapport avec le contenu.