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L’Onderwijs centrum Brussel ou Centre bruxellois pour l’enseignement [1] se donne comme objectif d’augmenter les possibilités de réussite de tous les enfants présents dans l’enseignement néerlandophone à Bruxelles et cela, à partir de leurs diversités sociale, culturelle et linguistique. Qu’ils puissent s’approprier les connaissances liées aux socles de compétences, dans un environnement scolaire convivial et attrayant.

Pour arriver à ses objectifs, Onderwijs centrum Brussel privilégie l’accompagnement, le soutien, la formation continuée des équipes scolaires, surtout à propos du rapport à la langue et de sa maitrise, du traitement de la diversité et des liens à construire avec les parents et les quartiers. Werner SCHRAUWEN, coordinateur du centre, nous a permis de percevoir comment se concrétisent ces orientations.
En 1995, un décret a remanié le financement des formations continuées dans l’enseignement : au lieu de verser des subsides dans les réseaux, le Ministère a décidé de les verser aux écoles (sur base du nombre d’élèves inscrits) qui en disposent de façon autonome selon leurs besoins. Elles rentrent un plan de formation annuel et peuvent même y intégrer des demandes de matériel didactique, en lien avec des thèmes de formation continuée.
Les réseaux n’ont pas renoncé à faire pression pour que les écoles passent par eux, reconnaissent leurs spécificités et utilisent les subsides alloués dans leurs services de formation, mais ce Centre bruxellois de l’enseignement est l’unique instance inter-réseaux organisée et subsidiée. [2]

Milieux, langues et diversités

Le contenu des formations spécifiques offertes à Bruxelles (et, dans une moindre mesure, dans le reste de la Flandre) est lié aux grands changements de population dans les écoles néerlandophones depuis la fin des années ‘70. Les descriptifs du catalogue des formations pour l’année scolaire en cours en donnent une idée : Livres interculturels pour groupes plurilingues, Jouer dans la classe plurilingue, Communication avec les parents bruxellois, Quartier et milieu de vie : reconnaissance de l’environnement scolaire. On y trouve aussi un ensemble de leçons à propos de langues, plurilinguisme et diversité, adressées en même temps aux enseignants du 3e degré primaire et du 1er degré secondaire.
Les activités de formation partent souvent d’un matériel didactique et/ou d’évocations des réalités socioculturelles (en vidéo ou grâce à la présence de témoins), conçus et amenés en fonction des objectifs explicités ci-dessus. Cette approche concrète attire les enseignants, dit Werner SCHRAUWEN, et transforme leur travail plus aisément que les injonctions de type didactico-idéologique.
Parallèlement à l’attention portée à l’enseignement des langues et à la langue d’enseignement, la pédagogie interculturelle et l’éducation citoyenne sont très présentes dans les offres de formation et, dans ce cadre, des dispositifs pratiques sont également proposés. Le Centre dispose d’une bibliothèque fournie en matériel didactique divers, en lien avec ces sujets privilégiés et propose également des formations centrée sur l’utilisation de ce matériel.

Opérateurs et matériel didactique

Werner SCHRAUWEN cite les autres pôles de formation qui se préoccupent de favoriser l’accès de tous aux apprentissages et à la réussite scolaire. Essentiellement, le projet Point d’appui GOK [3]. Cette instance est née des forces réunies de trois centres dans deux universités : le Centre pour la langue et l’enseignement à la KUL, le Centre diversité et apprentissage à l’Université de Gand et le Centre pour les méthodes d’apprentissage actif à la KUL. Tous travaillent en collaboration avec des ASBL et des ONG comme Le Foyer, Studio Globo, Kleurbekennen (le pendant de Annoncer la Couleur), ABC-studio,… Ce Point d’appui propose des exemples de démarches, présentées dans la bibliothèque officielle du Onderwijs centrum Brussel.
Conjointement au grand nombre de formations que le Point d’appui GOK offre aux enseignants et aux équipes selon leurs demandes précises, le centre fait aussi connaitre les formations proposées par diverses autres associations et conçoit du matériel didactique. Le centre Diversité et apprentissage de Gand propose, par exemple, des documents de travail sur les façons de reconnaitre les diversités chez les parents et les intéresser à l’école, des documents sur les relations école-quartier, l’entrée dans les processus d’apprentissages, des activités pour exploiter les diversités dans la classe avec des tout petits. Des thèmes comme le déménagement, l’identité, la fête, les façons d’entrer en contact… sont traités dans une optique interculturelle et sociale.
Toute l’actualité, les bonnes adresses, les outils intéressants en lien avec les GOK sont rassemblés dans une Gok newsletter très vivante, visible sur le web. On y trouve, par exemple, la présentation du JBI [4] qui peut être utilisé, dès septembre 2009, par les élèves de 1re secondaire et leurs professeurs pour travailler l’image de soi chez les élèves au début du secondaire et creuser ce qui peut être mis en œuvre pour la conforter ou la réconforter. Cet instrument permet aussi une exploration solide et approfondie des points forts et faibles des élèves concernant des facteurs critiques pour la réussite : les compétences linguistiques, la pensée logique et abstraite, l’habileté technologique, les compétences transversales, le sentiment de bien-être, la participation. Les résultats obtenus grâce à cet instrument d’analyse sont mis en corrélation avec des moyens d’action, tels que des conseils et des exemples concrets de soutien, une orientation adaptée à l’élève, l’établissement d’une communication entre l’école et ses élèves et entre les écoles et les parents
Les thèmes les plus souvent envisagés par les Points d’appui Gok sont les suivants : prévention et remédiation pour les problèmes d’apprentissage et de comportement, compétence linguistique et langagière, enseignement interculturel, orientation scolaire, développement socio-émotionnel, participation des élèves et des parents.

Suivi

En plus des formations et de la bibliothèque de matériel pédagogique, le Centre bruxellois pour l’Enseignement propose aussi différentes formes de soutien et d’accompagnement des enseignants :
- Des « internes », c’est-à-dire ceux qui restent présents toute une année dans une ou deux écoles. Précédemment, ils s’occupaient le plus souvent de remédiation individuelle pour des élèves plus faibles mais, aujourd’hui, ils travaillent plutôt avec les équipes enseignantes.
- Des « externes », c’est-à-dire ceux qui vont environ tous les quinze jours dans cinq écoles qu’ils suivent afin d’y travailler des sujets demandés. Ils agissent en général en lien avec les Points d’appui GOK, selon la même philosophie qu’eux mais avec des méthodes différentes : souvent à partir d’éléments très concrets.
- Des responsables de tel ou tel sujet de formation continuée qui se mettent au travail avec une équipe d’enseignants dans une école.
- Des spécialistes des relations avec le quartier, les parents, pour les ouvertures de l’école. Ils viennent aider à mettre en place de nouvelles façons de faire.

ps:

D’après les propos et documents recueillis auprès de Werner SCHRAUWEN par Noëlle DE SMET

notes:

[1Projet de la VGC, Vlaamse gemeenschap commissie, Commission communautaire flamande, pendant de la Cocof, Commission communautaire française.

[2Selon les dires de W. SCHRAUWEN, l’inter-réseaux n’entre pas encore facilement dans les mœurs.

[3Gelijke onderwijskans ou Chances égales d’enseignement.

[4Jongerenbeginbeeld instrument.