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Ne tournons pas autour du pot : nos ruptures nécessaires
sont nombreuses. Et c’est souvent fatigant rien que d’y
penser. Oui, on nous en a fabriquées de nombreuses par
décret, par programme ou par coup de pied au cul institutionnel,
et ça n’était manifestement pas les bonnes…
Quoique… On n’allait quand même pas faire de cadeaux à
ceux qui nous prennent de haut et s’imaginent qu’il suffit
de décréter, de piloter ou de dicter pour agir sur la réalité,
pour faire bouger les 80.000 enseignants de la FWB.
Peut-être est-ce aussi nous qui n’avons pas vraiment
tenté la rupture, juste accepté de bouger un peu pour
qu’on nous foute la paix, pour avoir l’air de changer, pour
ne pas trop fâcher ceux qui nous payent… Notre inertie a
aussi quelque chose de confortable… Combien sommesnous
parmi ces dizaines de milliers à avoir accepté que
ce n’est pas l’effort qui fait les forts, mais le soin que l’on
a mis à poser le cadre, que le savoir révélé ne permet pas
à tous d’apprendre, que les élèves ne sont pas simplement
doués ou méritants, mais aussi plongés dans des
réalités sociales contrastées, inégales, injustes ? Combien
sommes-nous à avoir accepté que ce quotidien de l’école
qui nous parait si souvent absurde le restera tant que
nous ne le considèrerons pas comme révoltant ?
Vous lirez [1]. On s’était dit : parler des ruptures dans un
cadre professionnel. Et voilà que surgissent les tréfonds
de nos ruptures intimes. En miroir. Ce sentiment profond
que quelque chose manque, cet agacement fréquent
parce que trop de choses s’imposent comme des
évidences, ces fragilités qui nous constituent et nous
agacent… Bon sang de grands soirs ! Pourquoi nos stratégies
ne sont-elles plus collectives ?

notes:

[1Ce dossier est le fruit du weekend d’écriture ouvert aux lecteurs
de TRACeS.