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Un numéro sur la filière qualifiante, celle dans laquelle on tombe quand ça ne passe plus dans le général, plus rarement celle vers laquelle on tend, poussé par le désir d’apprendre un métier. Avec les jeunes issus des milieux dévalorisés qui s’y retrouvent plus et plus tôt que les autres.
Entre valorisation de l’enseignement qualifiant trop souvent dénigré et constats affligeants d’une filière de relégation à la dérive, la filière qualifiante est surtout méconnue et caricaturée. L’intelligence de la main  ? Dans ta gueule  !
Entre une vision des métiers techniques centrée sur la personne (l’artisan, l’ouvrier qualifié, le professionnel expert) et une autre centrée sur le poste de travail (l’ouvrier spécialisé jetable et sans pouvoir de négociation), l’image de la filière qualifiante est imprégnée de fantasmes qui gomment la diversité des réalités qu’elle recouvre.
Malmenée par des réformes incessantes, tout animées de bonnes intentions, elle est une cible de choix. Fréquentée par des jeunes difficiles, mal adaptée au marché de l’emploi, sous-équipée, produisant plus d’échecs que de réussites, octroyant des réussites au rabais, un parking pour délinquants… ceux qui prétendent vouloir la revaloriser noircissent le tableau pour justifier leurs propositions, sans tenir compte de ce qui se fait déjà, dans les écoles. Comme si les acteurs eux-mêmes, et en particulier les élèves et les enseignants, étaient seuls responsables de la situation et dénués de toute compétence pertinente pour penser, expliquer et proposer.
Parler de la filière qualifiante n’est donc pas aisé. Quand on met en valeur ses réussites, on est suspecté de vouloir enjoliver les choses et, si on se centre sur ses difficultés, on est accusé de la dénigrer.
Au plus près des acteurs, ce dossier s’attèle à vous faire mieux connaitre la réalité de l’enseignement qualifiant, ce qui s’y vit, ce qui s’y travaille, les enjeux qui le traversent, et ce qu’il pourrait être demain. Impossible de faire le tour de la question en un numéro, ni en deux d’ailleurs [1] !
Pour se rendre compte que cela demande pas mal de compétences intellectuelles, manuelles et morales pour arriver au bout de l’objet, que l’enseignement technique, ce n’est pas que du manuel, et qu’il faut savoir penser le métier.
Demain, le tronc commun jusqu’à quinze ans avec de l’éducation manuelle et technique pour tous  ! Vraiment  ? Ce n’est pas gagné  !
Comité de rédaction

notes:

[1Lire TRACeS 212, Dossier « Le qualifiant », 2013.