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— Tu me sers une Orval ?
— M’enfin, Véro, c’est un Orval...!
— En fait, j’en veux deux, je dois dire deux Orvaux alors ? Un ou une, Orvals ou Orvaux, peu m’importe ! Je veux, pardon, je voudrais, les boire, mes bières !
Apprendre (et connaitre) le genre et le nombre des noms, les nuances apportées par un conditionnel,
les signes de ponctuation, l’utilisation correcte des pronoms et beaucoup d’autres choses encore, c’est de la grammaire ! Pour bien (mieux) parler, pour parler de sa langue, pour donner du sens, à l’écrit, mais aussi à l’oral. Ce serait le rôle de l’enseignement de la grammaire !
Mais d’où ça vient tout ça ? Pourquoi a-t-on décidé un jour d’enseigner la grammaire sous forme de règles à retenir, d’étiquettes à coller aux mots, de fonctions à identifier, de participes passés à accorder ? Vous serez peut-être étonnés en découvrant l’origine de tout ce fatras !
Dans les programmes scolaires, l’étude de la grammaire est bien présente : il faut faire de la grammaire ! Mais quelle grammaire ? Et comment faire de la grammaire ? En automatisant des procédures ou en faisant réfléchir au fonctionnement de la langue ? En s’appuyant sur la langue écrite ou la langue orale ? Ne cherchez pas une réponse unique, dans ce numéro, mais différentes approches : étudier le subjonctif
grâce au théâtre, faire de la linguistique en écrivant un dictionnaire des mots d’argot utilisés par les jeunes, utiliser une roue pour découvrir les natures de mots avec des apprenants en alpha, tenter autre chose que le traditionnel le prof explique, les élèves appliquent... encore bien présent dans les manuels. Faire de la grammaire autrement, de la grammaire linguistique pour se rendre compte de toute la finesse d’une langue avec les plus grands ou de la grammaire à l’oral avec les comptines, les albums de jeunesse ou l’observation en éveil scientifique avec les plus jeunes.
Les enseignants qui s’interrogent sur l’enseignement de la grammaire sont de plus en plus nombreux, mais, encore trop souvent, les pressions des parents, des directions, des collègues, de ce qui est demandé dans les années suivantes ne les aident pas à construire collectivement une autre manière d’enseigner ce regard sur le fonctionnement de notre langue.
Les enfants utilisent la langue pour se faire comprendre sans pouvoir en expliquer les aspects grammaticaux. Si vous pensez qu’il est nécessaire de susciter un regard plus réflexif sur la langue sans tomber dans l’enseignement stérile de règles si vite oubliées, vous tenez dans vos mains les textes qui vous feront avancer dans votre réflexion.
Comité de rédaction