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Nous, participants de ce groupe, sommes tous des enseignants du maternel, du primaire et de l’école normale ; venant de plusieurs horizons, de différents réseaux, de différentes régions (surtout du Hainaut).

Un samedi par mois, nous nous retrouvons dans les locaux de CGé, pour partager, nous questionner, construire, déconstruire et reconstruire nos pratiques.
Chaque année, plusieurs d’entre nous se rencontraient aux RPé (Rencontres pédagogiques d’été), se retrouvaient avec plaisir, souvent autour du verre de l’amitié. Chacun racontait aux autres ce qu’il vivait dans la formation qu’il avait choisie. Pour chacun, cette semaine de formation à la fin des vacances était une bouffée d’oxygène, un tremplin pour démarrer l’année scolaire avec un enthousiasme vivifié, des idées nouvelles plein la tête.
Nous trouvions dommage aussi d’attendre toute une année pour nous retrouver.
C’est ainsi que l’idée de former un groupe de travail est née. Il nous fallait un lieu de rencontre et une légitimité, ce que la CGé nous a offert.
Au fil du temps, certains nous ont quittés pour construire d’autres projets, d’autres nous ont rejoints.

Retroussons nos manches !

Pour être efficaces et ne pas nous éparpiller dans des directions multiples, nous avons décidé de nous focaliser sur une compétence choisie pour toute une année et de la travailler à travers les différentes étapes vécues par nos élèves respectifs. Notre point de départ étant toujours le PIASC (Programme Intégré Appliqué aux Socles de Compétence) et les Socles de Compétence.
C’est ainsi que nous avons abordé plusieurs domaines : le Savoir Lire, Le Savoir Parler, le Savoir calculer sur les Nombres, le Savoir Établir des Liens Logiques. Cette année, notre choix s’est porté sur l’Éveil historique [1].
Chacun apporte une démarche préparée qu’il prévoit de vivre avec sa classe ou qu’il a déjà vécue. Dans ce second cas, il y joint son analyse : l’évaluation de la compétence visée et de celles sollicitées, les difficultés rencontrées par lui-même et par les apprenants, les questions soulevées, la pertinence de la démarche elle-même ou de son déroulement.
Tous les membres du groupe lisent individuellement chaque préparation. Vient ensuite le temps du partage, des commentaires, des questions ou des suggestions. Il arrive alors parfois que la démarche de départ soit modifiée, élaguée ou enrichie par les idées des uns et des autres.
Une démarche préparée par un titulaire du 5/8 éclaire un titulaire du 10/12 (ou inversement)... ce qui enclenche chez lui la préparation d’une démarche travaillant la même compétence.
Nous remarquons souvent que l’imagination et la créativité de nos collègues du maternel est très souvent un tremplin pour ceux du primaire. Grâce à leurs démarches, qui s’adressent parfois à des tout-petits, nous comprenons mieux le fonctionnement mental des élèves plus âgés.
C’est ainsi que partant d’une activité nous en imaginons d’autres en cascade.
Un autre éclairage nous est apporté aussi par la lecture d’articles de fond écrits par des spécialistes de l’enfance, de la psychologie, de la pédagogie, de la recherche médicale ou scientifique. Ils nous permettent de mettre des mots sur nos questionnements, nous obligent souvent à revoir nos certitudes.

Mélodie à plusieurs mains

Chacun de nous se sent à l’aise pour proposer, au regard des autres, son travail, ses recherches, ses analyses, son questionnement, son désarroi parfois, ses réussites aussi. C’est avec humilité, mais aussi satisfaction que nous voyons notre travail analysé, fortifié, reconstruit, enrichi les uns par les autres, les uns avec les autres.
La confiance, le respect qui nous animent nous apporte toujours « un plus » sur le plan professionnel et amical.
Ce regard multiple sur nos pratiques, les partages qui en découlent sont des moteurs dans notre travail au quotidien. Nous nous sentons grandis et enrichis de pouvoir jouer cette mélodie à plusieurs mains. Nous déplorons parfois de ne pouvoir vivre cette conception du travail dans nos écoles... C’est pourquoi nous avons tant de plaisir à nous retrouver chaque mois.

notes:

[1Cette année, nous travaillons sur « l’Éveil Historique ».

Où en sommes-nous ?

Comme adulte, comme enseignant, nous nous rendons compte que notre rapport à l’Histoire est assez flou. Nos propres souvenirs scolaires sont compartimentés, avec un intérêt plus ou moins important pour telle ou telle période (correspondante parfois à l’action d’un prof passionné ou passionnant). L’un attiré par l’Antiquité gréco-latine, l’autre par la civilisation égyptienne, un troisième par le Moyen-Age, un autre encore par la période des deux guerres mondiales...
Nous avons une assez bonne perception de la chronologie... mais sommes étonnés de percevoir beaucoup moins la notion de la simultanéité de certains évènements.

Que dire alors des élèves qui nous sont confiés ?

Structurer le temps est un apprentissage qui demande du « temps », qui se construit lentement. Prendre des repères, prendre conscience de la durée, établir une chronologie entre différents moments, comparer des documents, établir des liens : tâche bien longue faite de petites touches successives, de questionnement, de vérification, de raisonnement, de comparaison.

C’est avec cet éclairage que nous tentons de mettre au point des séquences à faire vivre à nos élèves.

Nous pensons judicieux de faire construire plusieurs lignes du temps qui peuvent s’imbriquer les unes dans les autres : le déroulement d’une journée, d’une semaine, d’un mois, d’une année, de la vie de l’enfant, celle de sa famille, celle de notre pays, des siècles écoulés...
On peut y placer des éléments faisant partie du vécu scolaire et familial de l’enfant, des évènements vécus dans l’environnement proche ou éloigné, des évènements historiques. Nous recherchons des documents diversifiés, nombreux, originaux afin de permettre à l’enfant de se construire des représentations, d’émettre des hypothèses, de chercher des réponses par lui-même et avec les autres.