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Accueil / Publications / TRACeS de ChanGements / Anciens numéros : du n°199 au n°151 / n°159 Formation continuée janvier 2003 / Formation continuée : modes de programmation dans le réseau libre catholique

Échec à l’échec : Sur quelles bases les organes du réseau libre construisent-ils leurs programmes de formation continuée ?

Modes de programmation : collection printemps - été.

C. Gochel & L. Peeters : En résumé, cela se fait de façon participative. D’abord le Conseil général [1] détermine des thèmes prioritaires par année scolaire, thèmes larges comme le multimédia, le développement des compétences, les formations de type sociologique centrées sur l’interculturel, la culture des jeunes, l’évaluation formative...

Les organes de coordination du réseau libre ajoutent les spécificités du réseau (par ex. toutes les formations qui se rapportent aux nouveaux programmes). Ces organes centralisés sont les CA d’ICAFOC [2], de la FPE [3], de la FOCEF [4] et de la FOCOEC [5].

Le CA d’ICAFOC travaille en partenariat entre des représentants des instituts de formation initiale (Universités et Hautes écoles), des P.O. et des représentants du personnel. Il propose uniquement des formations disciplinaires élaborées par des comités scientifiques constitués dans chaque discipline où existe une agrégation universitaire. Les formes de représentation dans les comités scientifiques sont les mêmes qu’au CA.

Les CA de la FPE et de la FOCEF fonctionnent de la même façon mais avec des comités décentralisés régionaux (Liège, Hainaut, Brabant, Namur-Luxembourg) qui eux, ne s’occupent pas des disciplines mais organisent des formations de type pédagogique ou psycho-social. À partir de 2003, pour permettre une meilleure coordination des politiques de formation dans l’enseignement secondaire, un nouveau centre de formation - le CECAFOC [6] - rassemble l’ICAFOC et la FPE. En effet, cela n’a pas de sens de séparer les formations disciplinaires de celles qui visent la maîtrise de compétences, ou la conduite de groupes.

ÉAÉ : Voilà pour les organes. En quoi consiste leur travail ?

CG & LP : Aux deux niveaux (CA et comités) se font des appels d’offres (en interne ou en externe) et des propositions de formations. Sur cette base se compose un programme. Comme toute structure participative, celles-ci sont parfois lourdes et imparfaites mais riches puisque chaque partenaire propose des formations en partant de son point de vue et que les différents points de vue sont autour de la table. Des débats ont lieu dans ces instances. Ils révèlent des besoins de formation et permettent d’évaluer après-coup la qualité et la pertinence des programmes de formation proposés. La synthèse des évaluations proposées aux enseignants et formateurs en fin de formation peuvent aussi orienter les débats et les choix ultérieurs. Le principe de réalité intervient aussi : personne ne s’inscrira à une formation de douze jours et l’enveloppe budgétaire est limitée. Pour les enseignants qui ne participent pas aux formations (elles seront obligatoires l’an prochain), des conseillers pédagogiques interviennent dans les écoles. Ils peuvent aussi détecter des besoins de formation. Des programmes de formation se construisent aussi à la carte en fonction des projets d’établissements et pour leur donner sens. Le réseau s’efforce de coller aux mieux à ces demandes spécifiques.

Les programmes composés dans les comités « remontent » aux CA qui, en général, les acceptent. Ils aménagent simplement une cohérence générale dans le respect des orientations. Parfois des questions se posent à propos du choix des opérateurs : telle tendance en psychomotricité plutôt que telle autre, tels opérateurs pour les cybermedia.

ÉAÉ : Vous parliez d’enveloppe budgétaire et d’enseignants ne venant pas aux formations. Quelle est cette enveloppe et quel est le pourcentage d’enseignants touchés par les formations ?

CG & LP : Pour cette année, dans le libre, la FOCEF dispose de 52 millions de BEF dont 10 millions sont utilisés pour le financement des remplacements d’enseignants en formation. ICAFOC et FPE pour le secondaire disposent de 115 millions de BEF. Ces sommes semblent importantes mais elles ne le sont pas si on estime qu’elles représentent 0,27% environ de la masse salariale des enseignants. Dans d’autres pays, le budget pour la formation représente 2% de cette masse et une norme reconnue pour la formation professionnelle dans tous les secteurs est de 1,4% de la masse salariale. Le total pour l’enseignement secondaire dans les trois réseaux, c’est un budget de 220 millions en 2002.

Quant à la proportion d’enseignants qui viennent dans les formations, elle est de 45 à 50 %. Il y a bien 1% environ « d’abonnés », ceux qui chaque année vont en formation mais à part ce pourcent, on peut constater qu’il y a une tournante. La plupart des enseignants participe donc à des moments de formation continuée.

ps:

D’après les propos recueillis auprès de C. Gochel et L. Peeters, responsables de formation de la Fédération de l’Enseignement Secondaire Catholique.

notes:

[1Assemblée interréseaux et interniveaux comprenant les représentants des PO, du personnel, de l’administration, du ministre, de l’inspection. Cette assemblée sera le futur comité de pilotage.

[2Institut Catholique pour la Formation Continuée des personnels des enseignements secondaire et supérieur.

[3Formation Permanente des Enseignants (secondaire).

[4Formation Continuée des Enseignants du Fondamental.

[5Formation Continuée de l’Enseignement spécial Catholique.

[6Centre Catholique de Formation en cours de carrière.