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Accueil / Politique / Prises de position / Prises de position 2014 / Interview d’Anne Chevalier

En réponse à l’article de Pierre BOUILLON « Pour le primaire et le secondaire : une législature statu quo » … voir PDF

L’EXPERT - Anne Chevalier :« ChanGements pour l’égalité »

Anne Chevalier est la secrétaire générale du
mouvement sociopédagogique « ChanGements
pour l’égalité ». Elle a été très active au
sein des trente acteurs qui ont appelé à une
refondation de l’école.
En ce qui concerne l’enseignement, c’est
officiel, on tourne en rond ?

Si l’on s’en tient aux chiffres et aux statistiques,
oui. Les mêmes inégalités s’observent toujours :
les taux de décrochage, de redoublement, d’exclusion
définitive… C’est toujours lié aux origines
socioéconomiques des élèves. On n’avance pas
sur tout ce qui est mixité sociale.

Que faire pour aller à contre-courant ?
Il faut développer une vision globale de l’école !
Il faut réfléchir à ce que nous voulons comme
enseignement à l’horizon de 15 ou 20 ans. Un
exemple simple : tous les partis parlent d’augmenter
la période de tronc commun. Mais il n’y
a aucune vision partagée puisque personne n’a
de vision globale ! La politique des petits pas,
c’est bien, mais pour aller où ? Cette refondation
de l’école, je ne l’entends pas de
la part des politiques… Une fois
qu’on aura cette vision commune,
on pourra organiser la mise en
place des objectifs par étapes et procéder par
phase et par évaluation. Et il faudra inclure la
société civile dans le processus.

Et concernant le redoublement ?
Cela renvoie à la question de l’évaluation. C’est
la conséquence ultime de tout un système qui
organise la réussite par année. Tout ce système
doit être repensé. Faut-il absolument certifier
tous les ans ? Je n’en suis pas persuadée. Cela
mérite d’être réfléchi. L’école doit avant tout être
un lieu pour apprendre. L’évaluation est une
illustration parmi d’autres des tabous qui empêchent
d’avancer. On peut aussi évoquer le
quasi-marché scolaire, la liberté pédagogique
presque absolue, l’organisation par classes de
niveaux, les filières, le temps scolaire… Toutes
ces questions ne sont pas posées ou, si elles le
sont, n’ont pas de réponse. Vraiment, il faut une
refondation réelle de notre école.

Le soir du 29 mars 2014.

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