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Lorsque j’impose des travaux de groupes, je sais que tous ne feront pas la même chose.

Il y aura presque systématiquement quelque chose de l’ordre de l’injustice dans la répartition des tâches, dans les prises de responsabilités et dans les investissements sous toutes leurs formes (intellectuel, manuel, financier...). Certains ne feront rien, ou pratiquement rien.
Qui apprend dans ce type de dispositif ?
Ceux qui travaillent ? Probablement. Pourvu qu’ils le fassent bien. Je veux dire, dans le respect des consignes et en rapport avec les objectifs visés.
Et ceux qui ne travaillent pas ? Évidemment, il y a toujours les « glandeurs », mais il en est aussi qui ne font rien parce qu’ils ne savent rien, ou presque rien. En général ceux-ci ne sont d’ailleurs pas improductifs, mais leur participation consiste à aider le groupe dans ses aspects matériels (faire les courses, taper le texte, prendre des contacts...), ce que ne font pas les glandeurs.
On se dit souvent entre collègues que dans ces situations, ce sont ceux qui savent déjà ou ceux qui sont le plus à même d’aborder un nouvel apprentissage qui vont le plus avancer, que les autres n’avanceront pas. Et pourtant, on ne peut que constater au travers de nouvelles activités que la plupart des étudiants ont évolué dans leurs apprentissages. À côté de ceux qui sont dans une phase d’apprentissage opérant (les actifs), il y a ceux qui apprennent parce que justement ils sont au côté de ceux-là, qu’ils les écoutent et les regardent faire : pour eux, l’apprentissage est donc vicariant et effectif.
J’entends très souvent dire « dans les travaux de groupes il y en a qui ne foutent rien, ce sont toujours les mêmes qui bossent ». On est là dans une logique productiviste. Si on repositionne les travaux de groupes dans une logique didactique, on admettra plus facilement que « ce n’est pas parce qu’on ne fait rien qu’on n’apprend rien », mais aussi que « ce n’est pas parce qu’on ne fait rien qu’on n’a rien à dire ». Partant de ce second postulat, on sera heureux de constater que, parmi ce type d’étudiants, beaucoup ont un avis assez pointu et pertinent sur ce qui a été fait.
Les phases d’analyse critique des productions et de leurs processus permettent de constater qu’il y a bel et bien eu apprentissage et l’aspect métacognitif et évaluatif de cette étape, outre le fait qu’il assoit les nouvelles compétences acquises, est indispensable à la compréhension de ce phénomène.