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Accueil / Politique / Prises de position / Prises de position Archives / La formation initiale doit comprendre une approche sociologique !

CGé, ChanGements pour l’égalité, mouvement socio-pédagogique a pris connaissance avec consternation d’une modification du décret relatif à la formation initiale des instituteurs et des régents proposée par Madame Simonet ce 15 avril 2004 sur base de l’avis du Conseil Général des Hautes Écoles dans son avis n° 62.

Nos griefs portent sur un acquis à nos yeux essentiel de la réforme de la formation initiale de 2000, à savoir les cours « A » portant entre autres sur les connaissances générales en sciences humaines ; l’organisation de ces cours « A » est dorénavant laissé au choix des directions.

D’une manière générale, cette modification diminue la formation socio-éducative et sociologique en faveur de l’approche psychopédagogique dans le cursus initial. Nous savons tous - et particulièrement en Communauté française - combien la réussite scolaire est corrélée à l’origine sociale. Les inégalités scolaires trouvent leur origine dans le fossé qui sépare le langage, la culture scolaire et l’habitus familial. Nous constatons combien les enseignants sont souvent peu conscients des enjeux et des mécanismes d’un système scolaire dans lequel ils participent, à leur insu, à l’exclusion des plus faibles et à la reproduction des inégalités. Il est du rôle de la formation initiale de faire prendre conscience aux enseignants que les activités d’apprentissages prennent aussi du sens dans les différences socio-culturelles.

Nous ne comprenons pas qu’un gouvernement qui, dans son Contrat Stratégique pour l’éducation fait de la lutte contre les inégalités son cheval de bataille, supprime une approche sociologique au nom de « l’organisation pratique ».

Nous regrettons tout autant qu’une consultation des enseignants des sections pédagogiques n’ait pas été organisée à l’instar des consultations menées par l’équipe de St-Louis dans le fondamental, le secondaire et le spécialisé. De telles consultations auraient permis de mieux nourrir la réflexion et surtout le débat public, une fois de plus absent.

Enfin, nous redisons ici que les enseignants ont avant tout besoin d’un accompagnement solide lors de l’entrée dans le métier afin d’en percevoir toute la complexité. Beaucoup trop d’enseignants quittent le métier dans les premières années. Nous souhaitons que le gouvernement envisage rapidement une réflexion de fond sur la faisabilité d’un accompagnement impliquant un allègement de la charge horaire lors de l’entrée en fonction.

Pour information, Rudy Wattiez, Sécrétaire général

info@changement-egalite.be