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Aujourd’hui, mardi 17, je me retrouve encore une fois au local « retrait », c’est-à-dire là où l’on se retrouve quand on est exclu.

J’ai lancé une gomme. La gomme, je voulais la donner à Sébastien, mais je l’ai lancée trop fort. La gomme a ricoché sur le panneau et a fait tomber le matériel qu’il avait sur son bureau : madame s’est énervée et m’a renvoyé !
Un autre mardi, je jouais en classe avec un autre. J’ai voulu le frapper doucement avec un livre et j’ai frappé trop fort. Ça a fait beaucoup de bruit et la prof (la même !) m’a renvoyé.
Plus récemment, c’est avec ma prof de français. Je l’ai engueulée. Elle avait tort et j’avais raison. J’ai voulu récupérer le stylo qu’Ihab m’avait piqué. Moi, je me suis énervé sur Ihab, Ihab sur moi et Kamal, qui avait le stylo qu’Ihab lui avait passé, s’est énervé sur madame ! Résultat des courses : tous les trois au local retrait.
Si je devais raconter mes 17 remarques disciplinaires, ce serait trop long ! J’ai déjà été renvoyé d’une autre école. J’avais un prof qui me faisait tout le temps des remarques pour des conneries. Là, j’en ai eu 32.

Plaisir trop intense

Pourquoi je les accumule ? Pour le plaisir de désobéir, c’est le plaisir de ressentir le danger, c’est comme une « pulsation » qui me pousse, c’est comme un nerf qui nous fait faire une action. Je me dis : « Non ! » mais je vais quand même le faire. C’est un plaisir d’énerver le prof et de faire rire les autres.
C’est aussi pour faire passer le temps quand je m’ennuie. J’ai fait une sixième primaire aux Pagodes qui était d’un bon niveau. Ce que j’apprends ici, je le sais déjà, je m’embête.
Parfois, il faut une demi-heure avant que le prof se décide à me renvoyer. Quand un prof s’énerve sur un élève, c’est un plaisir tellement intense qu’on voudrait que ce soit sur soi... Être la vedette du prof. Une autre façon d’être sa vedette serait de devenir un intello, mais je ne suis pas un « frotte-ball ».