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Bien qu’il y soit partout et nulle part. Le sexe n’a pas sa place à l’école parce qu’il est indicible.

Qui d’ailleurs peut en parler ? À qui ? Et à quel titre ? Le corps lui aurait sa place à l’école. Il en est absent. Au rebut. Tout juste instrumentalisé au cours de gymnastique. Mais le corps, dans ce qu’il a de vivant, de dansant, comme moyen d’expression et de communication : néant.

Le sexe se dit, se parle dans l’intimité, pas dans la sphère publique. Parler de lui en classe me semble insensé.

La sexualité est un sujet délicat, qui provoque mille questions et qui n’a pas de réponse, il n’y a pas de vérité en matière sexuelle. Chacun le vit à sa façon, le sexe ne s’apprend pas, il se découvre.

Il me semble indispensable qu’il reste fantasmé par les enfants : c’est dans l’imaginaire secret des alcôves qu’il a sa place. Les enfants ne peuvent pas comprendre ce qui se passe entre deux corps ; les adultes le comprennent-ils eux-mêmes ?

Moi, par exemple, je n’ai qu’une fille dans ma classe, comment pourrai-je m’adresser aux petits garçons ? Je ne sais rien de leur corps, de ce que c’est d’avoir ce sexe-là !

Je dois leur parler de respect, c’est de cela qu’il s’agit. Du respect de soi et de l’autre. En tout et partout. Du respect de son corps, du respect du corps de l’autre. Apprendre à entendre « non », à s’interroger, à penser. À penser le sexe.

D’ailleurs que puis-je en dire ? Je ne peux parler que pour moi, que de moi. Il y a des jours où le sexe est une corvée et des nuits où c’est un délice. Il y a des personnes avec qui le sexe est un drame et d’autres avec lesquelles c’est une fête. Le sexe c’est aussi notre rapport à l’animalité. Que peuvent y comprendre les enfants, les petits ? L’animal qui est en nous n’a pas de place à l’école : elle éduque, elle cadre, elle castre… elle socialise.

Le sexe est une échappée, une farce, un pied de nez… rien à voir avec l’école.