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Observer, se concerter, négocier, entreprendre des changements,…

L’école est un lieu d’apprentissage mais surtout un lieu de vie. Les récréations et temps de midi sont des moments privilégiés. Pour les élèves c’est un moment où ils retrouvent « leur liberté », ils se détendent, se reposent, parlent, jouent, se disputent, mangent, crient, s’ennuient, se font des amis, des ennemis,…

La Coordination éducation/santé a en charge le programme Midis à l’école, en parler pour changer. Elle propose aux écoles de démarrer par un état des lieux de la situation en remplissant « le questionnaire à propos » envoyé aux écoles fondamentales de tous les réseaux. Celui-ci suscite une réflexion qui permet d’élaborer un projet pour améliorer l’un ou l’autre aspect des temps de midi jugé prioritaire par les acteurs de l’école et les élèves.

La démarche encourage la participation et la concertation au sein de la classe ainsi que dans les différents collectifs concernés par les midis (les agents de midi, les enseignants, les surveillants, la direction, les élèves,…) pour faire émerger des propositions de changements. [1]

Peindre ses projets

Deux classes de 5e et de 6e primaire d’une école de la région liégeoise ont commencé par réaliser une concertation dans leur classe. Les élèves ont discuté en petits groupes avec comme consigne : « Que pensez-vous de vos midis à l’école et qu’avez- vous envie de réaliser pour que cela se passe mieux ? ». Après une demi-heure de discussion, un élève de chaque groupe a résumé à l’ensemble de la classe ce qu’ils avaient envie de dire. De chaque classe, un projet différent a été proposé.

Ciel mon midi !

Les élèves de 6B et de 5A ont comme projet l’amélioration de la cour de récréation et la décoration du réfectoire. Ils ont commencé par évaluer les besoins au niveau de la cour et du réfectoire. Les enfants ont réalisé un plan à l’échelle de la cour, puis ils ont été mesurer un terrain de foot et de basket à la salle omnisports de leur quartier ; ils ont fait une enquête dans les autres classes pour savoir ce qu’ils voulaient comme nouveaux jeux : marelles, circuits, ballon,…

Puis ils ont été discuter avec leur enseignant et la direction pour connaitre leur avis. Enfin, ils ont été trouver l’échevin des travaux afin de recevoir l’aide des ouvriers communaux et de la peinture. Les enfants ont dessiné à la craie les marelles et le circuit, puis avec l’aide des ouvriers, ils ont réalisé le marquage de la cour. Les enfants avaient eu, durant l’apprentissage scolaire, une leçon sur la toxicité de certains produits de peinture. Ils ont également aménagé un coin nature. Pour cela, ils ont été visiter une école d’horticulture qui leur a également offert des plantes vertes pour garnir le réfectoire. Les élèves ont noté les conseils donnés et ils ont pris des photos. Ils ont dressé un plan de ce qu’ils veulent réaliser (pour le printemps).

Dépeindre ses besoins

Les élèves de la classe de 6A et de 5B ont comme projet de mieux connaitre l’alimentation. Ils ont réalisé une pyramide alimentaire pour décorer le réfectoire et organisé une vente de sandwichs une fois par semaine pour obtenir de l’argent pour acheter des nouveaux jeux.

Ils ont élaboré un plan d’action. Une vente de sandwichs avec crudités au prix 0,25 euros. D’abord, les enfants ont rédigé une lettre pour prévenir leurs parents. Puis, ils ont travaillé ensemble en formant trois groupes : un qui s’occupait de la gestion, un deuxième pour réaliser les commandes qu’ils notaient sur un panneau et un troisième pour la préparation. Pour cela, ils ont étudié les règles d’hygiène et de diététique. Ils ont réalisé une pyramide en bois avec des aliments en toile de jute et en terre cuites qu’ils ont coloriés et placés sur leur pyramide. Ils ont écrit à la coordination pour obtenir la visite d’une diététicienne. Ils ont demandé une animation autour du gout afin de connaitre d’autres saveurs.

Le projet des quatre classes suivent leur cours et petit à petit les élèves réalisent leur objectif ; les quatre enseignants sont très dynamiques ce qui facilitent les choses. De plus, les idées ne manquent pas, ils continuent à discuter pour une ébauche de projet sur les toilettes, le tri des déchets,… à suivre.

La priorité est donnée à la démarche, plus qu’aux résultats : les manières d’arriver à des changements et à des moments plus agréables par une mobilisation des classes sont des objectifs plus durables et plus éducatifs.

notes:

[1Le DECE (dispositif d’expression collective des élèves) est une méthode de travail qui vise la socialisation des élèves en leur donnant la possibilité de se concerter (s’exprimer, s’écouter) dans des petits groupes dans un premier temps, en grand groupe dans un second. Ces concertations débouchent sur une parole collective des élèves que l’animatrice communique aux différents collectifs (enseignants, agents de midi, direction,…), qui doivent se concerter et leur répondre. Ce travail de concertations sert de point de départ pour des changements qui touchent au vécu des élèves.