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Dès l’inscription d’un enfant dans une école de l’enseignement spécialisé, les enseignants lui constituent son Plan Individuel d’Apprentissage (PIA) qui le suivra durant toute sa scolarité. Si l’enfant vient d’une autre école, son PIA le suivra.

Agnès travaille dans une école de l’enseignement spécialisé en Leuze-en-Hainaut de type 1 c’est-à-dire pour les élèves atteints d’arriération mentale légère, et de forme 3 : il s’agit de l’enseignement secondaire spécial professionnel qui vise à donner une formation générale, sociale et professionnelle pour rendre possible l’intégration dans un milieu normal de vie et de travail.
Dans son école, les enfants de première année font à tour de rôle un stage d’observation, mais de pratique aussi, chez les plus grands, dans les sections « hôtellerie et restauration » et « services familiaux et sociétaux ». Là, les grands prennent les petits sous leurs ailes et leur montrent, leur apprennent comment cuisiner, comment nettoyer, comment travailler en équipe, comment assurer et assumer la tâche qui leur a été confiée. Ce genre de stage permet notamment d’identifier les qualités des enfants, leurs problèmes, leurs ressources, leurs besoins mais aussi ; cela permet pour l’élève de se rendre compte si l’option dans laquelle il va effectuer son stage pourrait lui convenir plus tard ou ; au contraire, il pourrait être redirigé vers une autre trajectoire.
C’est comme cela que l’équipe d’Agnès s’est aperçue un jour qu’une jeune élève très bonne en entretien, que l’on avait immergée dans un stage d’observation en section services aux personnes, développait la phobie de nettoyer les toilettes. Lors de ce constat, les professeurs ont dû mentionner le problème dans le PIA de la jeune fille et lors du conseil de classe tout un travail a été réalisé autour de cette problématique : Pourquoi a-t-elle peur ? Quelle stratégie mettre en place pour vaincre cette peur ? Que faire ?
En effet, tous les problèmes rencontrés chez l’enfant sont identifiés et conservés dans le PIA pour que l’équipe puisse y travailler lors des conseils de classe et trouver une solution.
Agnès souligne toutefois que sont reprises également toutes les capacités de l’élève car celles-ci doivent être mises en valeur et être exploitées pour offrir à l’élève un regard plus positif sur lui-même, un sentiment de pouvoir prendre une part active dans son développement.
Le PIA permet donc un travail de fond sur les besoins et les ressources de l’enfant.
Prenons l’exemple d’un élève qui ne parvenait pas à rester cinquante minutes en classe sans « péter les plombs ». À l’issue d’un conseil de classe, durant lequel les enseignants se sont servi du PIA, une mesure a été décidée : l’enfant avait le droit après vingt minutes de classes de sortir cinq minutes dans la cour. Après un mois, toujours en conseil de classe, l’équipe pédagogique constate l’évolution ou la stagnation du problème de l’élève et de nouvelles mesures seront mises en place.

L’importance du projet personnel...

Selon Agnès, il est indispensable que les enfants se construisent un projet. Il est important que les enseignants connaissent leurs désirs et analysent leur comportement pour voir ce qui va aller ou pas dans l’intégration des élèves dans la vie sociale (objectif essentiel de l’enseignement de forme 3) et dans la réalisation de leurs projets.
Une nouvelle élève qui désirait devenir coiffeuse, par exemple, n’avait pas le comportement adéquat pour suivre un cursus en école professionnelle normale. Cette incapacité doit être identifiée pour y apporter une solution : un changement de comportement ou une orientation plus réaliste.
Un autre élève en décrochage scolaire, débarquant en 2e année de la phase 2 dans l’école, annonce qu’il veut travailler dans la vente. Il n’a pourtant pas le comportement adéquat pour aller dans l’enseignement professionnel normal. Ayant identifié le comportement inadéquat, son instabilité, il voulait obtenir son CEB spécialisé pour la vente et il a réussi.