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Cette typologie est le fruit d’un travail collectif réalisé lors du weekend d’écriture 2010 et a été mise en forme par Louiza BRAHIMI, Sandrine DOCHAIN et Éléonore MAILLEUX par la suite.

_ Cette typologie est construite avec quatre disques qui se superposent. Cette représentation circulaire en fait un outil d’analyse qui se manipule via un mouvement de rotation, afin de relier les concepts des différents disques et ainsi donner du sens à la limite ou à la butée que l’on prend en considération.

Deux axes traversent le tout. L’un pose la question « Par qui ? », et donc qui pose la limite ou la butée. Dans un schéma de la communication, on parlerait du destinateur. L’autre pose la question « Pour qui ? », et donc à qui la limite ou la butée est posée. Dans un schéma de la communication, on parlerait du destinataire.

Les adjuvants et les opposants sont les facteurs qui aident (dans le premier cas) ou qui empêchent (dans le second cas) que la limite ou la butée soit mise en place. Ils ont les mêmes rôles que dans le schéma narratif (du type contes).

Si on lit le schéma du centre vers l’extérieur, le premier disque définit les caractéristiques, couplées par opposition et ainsi mises en tension. Dans la réalité, la limite ou butée a plusieurs caractéristiques. Pour utiliser le schéma, il faut choisir celle qui est dominante pour y faire correspondre les autres parties du disque.

Le deuxième disque correspond à la nature des limites : matérielles ou humaines. En effet, soit la limite est matérielle et donc fixée par un facteur lié au temps et/ou à l’espace, soit la limite est humaine et donc mise en place via des mots et/ou des gestes.

Le troisième disque parle des intentions qui émanent de la personne qui pose la limite ou butée (le « par qui ? ») : contrôler, organiser ou éduquer. Avec un peu de lucidité, on choisit sans se tromper !

Le quatrième disque parle des réactions obtenues chez le destinataire lorsque la limite ou butée est (im)posée (cf le «  pour qui ») : accepter, se résigner, contester, éviter, négocier et dépasser. Ici, il faut se décider en sachant qu’une limite d’abord contestée pourra, après digestion, être dépassée (dans le meilleur des cas…) !!!

Un exemple

Pour illustrer l’utilisation de cet outil, prenons le récit intitulé Butée formatrice (publié dans le n° 197 de TRACeS de chanGements) et tournons en rond !

- Par qui : un collègue chevronné.
- Pour qui : un prof débutant.
- Premier disque : ici la butée prise en considération est de l’ordre du conscient et de l’inconscient. En effet, le jeune prof n’a pas conscience de sa place, du lieu et de la dynamique que cela engendre, tandis que le prof chevronné en a une totale conscience et sait que, si son jeune collègue n’en prend pas conscience, il ira droit dans le mur.
- Deuxième disque : la limite est posée par des mots et l’attitude du prof chevronné. Mais nous pourrions aussi choisir Espace : étant donné que la discussion a eu lieu dans la salle des profs et non dans un bistrot, l’enjeu est différent pour le jeune professeur.
- Troisième disque : l’intention de celui qui met en garde est ici d’éduquer, de préciser à son jeune collègue les enjeux de ce qu’il dit sur son travail en lien avec sa position dans l’institution et celle de ses interlocuteurs.
- Quatrième disque : le jeune prof prend conscience de la butée, il ne s’était pas posé la question de ce qu’il disait, où et à qui. Il l’accepte. Connaissant le protagoniste de ce récit, on peut dire que plus qu’accepter, il dépasse cette butée puisqu’il en a fait un récit réflexif qu’il offre à qui voudra le lire, et son titre suggère que la leçon a porté : il espère ne plus jamais sous-estimer l’importance de la place de chacun dans l’institution.

Pièces jointes