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Annexe à l’article “Lire des textes narratifs quand c’est difficile”  : Un peu de ce qu’en dit Goigoux

Une étude de Goigoux et al. (2016), sur les pratiques efficaces d’enseignement de la lecture et de l’écriture, montre la prégnance d’un effet-maitre sur ces apprentissages, surtout auprès des élèves dont les performances sont faibles en début d’année. Ce sont donc, selon eux, les pratiques pédagogiques et didactiques des enseignants qui pèseraient le plus sur les différences de progression d’une classe à une autre et qui constitueraient un vecteur important des inégalités de réussite entre élèves. Afin de mieux comprendre les pratiques qui différencient les enseignants entre eux, ils ont notamment mesuré le temps qui était imparti aux différentes activités du lire-écrire qu’ils décomposent en quatre composantes : 

  • le décodage (qui rejoint l’acquisition de la conscience phonologique) ; 
  • la compréhension (qui correspond à l’ensemble des processus et stratégies mis en place pour comprendre un récit) ; 
  • l’acculturation (qui comme nous venons de le voir constitue l’affiliation à la culture écrite, à ses œuvres, son fonctionnement, etc., mais aussi à la structure de la langue écrite) ; 
  • et la production d’écrit (qui permet de mieux fixer les assemblages syllabiques ou encore d’apprendre à manipuler la langue écrite dont l’usage diffère de la langue orale). 

Si ces quatre composantes sont nécessaires pour l’apprentissage du lire-écrire, Goigoux et al. montrent que le décodage est surinvesti dans les classes de cours préparatoires (CP, 1re année). Un choix qui résulterait « d’une conception étatiste de l’enseignement de la lecture : les élèves devraient apprendre à identifier les mots écrits avant d’être mis face à des problèmes de compréhension de textes, maitriser les mécanismes de base avant d’accéder à la culture écrite, apprendre à lire avant d’apprendre à écrire » (Goigoux, 2004,). À contrario, il montre également que les tâches réservées à la compréhension en lecture sont souvent insuffisantes dans certaines écoles, de même que les activités d’acculturation, souvent moins investies au début du primaire. Dans cette perspective, plus spécifiquement en FWB, les études Progress in Reading Literacy Study (PIRLS) ont montré que la compréhension en lecture pose problème à de nombreux élèves (Schillings, Géron et Dupont, 2017). Si l’étude de Goigoux montre que c’est en écrivant qu’on apprend à écrire, elle montre également, que c’est aussi en écrivant qu’on apprend les usages de l’écrit.