Fermeture annuelle du 13 au 28 juillet : les commandes seront assurées jusqu'au 12 juillet et dès notre retour. Bonnes vacances !

Buvons de l’eau

Comme le dit la chanson, on vit d’amour et d’eau fraiche…[1]À condition de compléter ce programme d’une alimentation saine et équilibrée bien sûr.

08-6.jpg Sans eau pas de vie ! Mais au fait, boit-on de l’eau dans nos écoles ? Et quelle eau ?

Telles sont les questions qui ont, entre autres, été débattues lors des deux sessions du Parlement des Jeunes Bruxellois pour l’Eau, le 16 mai 2001 et le 23 mai 2003. « Dans nos écoles, quand on a soif, on a le choix entre des distributeurs de boissons sucrées ou des lavabos peu ragoutants dans les toilettes ». C’est en ces termes qu’un jeune s’est adressé au ministre bruxellois de l’Environnement et l’interpellation a porté.

On n’est évidemment pas obligé de ne boire que de l’eau. On peut avoir un faible pour les boissons sucrées, mais rien ne désaltère autant que l’eau. D’autre part, les sodas font grossir et leur consommation contribue à la carie dentaire. Les colorants, les acidifiants, la caféine sont aussi mauvais pour la santé. Sans parler des boissons alcoolisées dont l’excès est très nuisible pour la santé tant physique que mentale.

De l’eau solution

Boire de l’eau : voilà la solution préconisée par les médecins, les diététiciens ou tout autre praticien de l’art de guérir. Mais de quelle eau parle-t-on ? On pense souvent en premier lieu aux eaux en bouteille. Celles-ci sont réputées pour leurs qualités multiples. Elles font maigrir, vous maintiennent jeunes et en condition physique optimale. L’eau en bouteille, c’est un horizon grand ouvert sur les Vosges, les sommets des Alpes, les étendues plus proches de nous des Hautes Fagnes ou d’autres zones préservées de nos Ardennes. Quels paysages !

Mais ces eaux minérales, même si leurs vertus sont reconnues et fondées, posent d’autres questions de nature environnementale qui, elles aussi, ont des répercussions sur notre santé. En effet, savez-vous que les bouteilles en plastique, les berlingots en tétrabrick et les cannettes représentent 21 % en poids des déchets ménagers collectés à Bruxelles et 50 % des déchets provenant des écoles. Ces emballages de boisson occupent quelque 50 % du volume de nos poubelles ! Tous ces récipients consomment des ressources précieuses : eau, pétrole, métaux… Et même lorsqu’ils sont recyclés, ils consomment encore de l’eau et de l’énergie nécessaire à leur transformation. De plus, le transport des boissons contenues dans les divers récipients se fait essentiellement par la route et contribue, de façon non marginale, aux problèmes de mobilité et de pollution de l’air à Bruxelles et ailleurs. Que faut-il aussi penser de l’eau que l’on transporte sur plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres alors qu’une eau de qualité est disponible chez nous ?

Ce n’est pas en changeant le volume des bouteilles qu’on résoudra ce problème. Les fontaines proposées dans les entreprises ou certains lieux publics disposent de réserves de 10 à 20 litres ce qui réduit déjà le nombre de récipients nécessaires mais il faut toujours des gobelets (le plus souvent en plastique) pour s’y désaltérer.

Des Vosges à Modave

Il existe pourtant une solution comme le soulignait Omaar, 14 ans, lors du premier Parlement des Jeunes Bruxellois pour l’Eau. « Chez nous on a installé des robinets fontaines dans l’école. On se penche, on appuie sur un bouton et on boit une eau fraiche et délicieuse ». De l’eau du robinet.

Oui, l’eau du robinet est parfaitement potable !

Tout est fait pour qu’elle le soit. Elle est captée dans les mêmes conditions que les eaux en bouteille. Les zones et les ouvrages de captage sont sévèrement contrôlés. Ces eaux provenant pour la plus grande partie de réserves souterraines (plus de 80 % en Belgique) sont acheminées par canalisation, puis stockées pour être distribuées dans les meilleurs délais. L’eau captée dans le sous-sol de Modave met en moyenne 48 heures pour parcourir la centaine de kilomètres qui la sépare du consommateur bruxellois. L’eau du robinet n’a alors subi qu’un traitement de désinfection au chlore pour s’assurer que son transit se fasse sans développement de micro-organismes. D’autre part, de multiples contrôles de qualité sont réalisés tant au niveau des captages, que des réservoirs ou aux robinets. L’eau distribuée doit en effet répondre à 69 critères de potabilité. Toute la chaine de production est donc étroitement surveillée, et en permanence.

Campagne pour les fontaines

Que n’y avait-on pensé plus tôt ! Des robinets fontaines, installés dans les écoles, permettent aux jeunes de se désaltérer de façon simple, saine, hygiénique et bon marché, sans provoquer de déchets d’emballage. L’idée a séduit, les arguments ont porté et depuis septembre 2002, chaque année scolaire, la Région de Bruxelles-Capitale, la Compagnie Intercommunale Bruxelloise des Eaux et l’Intercommunale Bruxelloise de Distribution d’Eau offrent et installent une centaine de robinets fontaines dans les écoles.

Mais la simple installation de ces dispositifs n’est pas suffisante en soi. La Région finance donc aussi un accompagnement pédagogique pour garantir que les robinets fontaines prennent leur place dans les habitudes des élèves et de l’ensemble de la communauté scolaire. Il faut en effet en convaincre du monde, pour que cet outil soit intégré dans l’école et qu’il soit utilisé à bon escient ! C’est pourquoi, la Maison de l’Eau et de la Vie[2]La Maison de l’Eau et de la Vie : 171/3 Rue Royale à 1210 Bruxelles. Tél. 02 209 16 36. Fax. 02 209 16 31. Émail info@maisondeleau.be Site Internet , qui avait initié le Parlement des Jeunes Bruxellois pour l’eau, et ses partenaires (Green Belgium, Tournesol, La Maison Médicale Norman Bethune, Biloba) animent une campagne de valorisation des robinets fontaines.

Cet accompagnement pédagogique s’articule en trois phases. La première consiste en une rencontre avec la direction, l’économat, le personnel technique et d’entretien et bien sûr les enseignants afin de préciser le déroulement du projet. Au terme de cette réunion de concertation, une classe relai est désignée. Durant la seconde phase, en même temps que s’opère l’installation des robinets fontaines, la classe relai bénéficie d’une animation dont l’ambition est de convaincre les élèves de l’intérêt des robinets fontaines et de les outiller pour qu’ils animent au sein de l’école leur propre campagne de promotion du dispositif. Cette campagne est planifiée puis réalisée. Elle constitue la troisième et dernière phase de l’accompagnement pédagogique. Combiné à une enquête et clôturé par une évaluation, l’accompagnement pédagogique permet finalement une meilleure prise en charge des robinets fontaines dans l’école. Il permet en outre de revaloriser l’eau du robinet comme eau de boisson et contribue à un mieux vivre à l’école. À votre santé !

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 À condition de compléter ce programme d’une alimentation saine et équilibrée bien sûr.
2 La Maison de l’Eau et de la Vie : 171/3 Rue Royale à 1210 Bruxelles. Tél. 02 209 16 36. Fax. 02 209 16 31. Émail info@maisondeleau.be Site Internet