Le Pacte pour un enseignement d’excellence a abouti à la création d’un référentiel pour le cours de FMTTN. Il restait ensuite aux différents réseaux d’enseignement à élaborer leur programme en faisant des choix pédagogiques.
Nous sommes partis sur un programme qui ne devait pas se limiter à des compétences pratiques, mais viser à la compréhension des mécanismes, des usages et des effets des technologies. Par ailleurs, il nous fallait ajouter à la réflexion l’intégration des compétences transversales telles que la créativité, l’autonomie et l’esprit d’entreprendre, en lien avec des enjeux actuels comme la sobriété numérique ou le développement durable avec notamment la nécessité d’utiliser rationnellement les énergies. L’approche orientante faisait également partie de la mise en œuvre par la découverte de techniques propres à certains métiers, répondant ainsi au domaine « apprendre à s’orienter ».
La FMTTN couvre une grande variété de champs d’apprentissages : alimentation et habitat, techniques de cultures, matières et matériaux, objets technologiques et intègre le volet numérique à partir de la troisième primaire. En travaillant dans ces champs d’apprentissages, les élèves ne se contentent pas d’utiliser des objets technologiques, des matières et des matériaux, ils sont invités à en comprendre les mécanismes et à en analyser les conséquences environnementales, en résumé, à se les approprier de manière réfléchie et responsable. Enfin, un dernier élément est à inclure à l’équation : le programme devait être conçu selon une progression spiralaire pour permettre aux élèves de revenir sur les thèmes au cours de leur scolarité avec une complexité croissante.
La FMTT est une discipline nouvelle, ce qui a nécessité une analyse plus fine des attentes. Un des enjeux majeurs a été de montrer aux enseignant(e)s comment mettre en place des activités pour répondre aux objectifs visés par le référentiel. Il était important de s’assurer que les enseignant(e)s ne considèrent pas la FMTT uniquement comme une application des sciences, ou comme une simple activité de « bricolage ». Ce sont en effet les apprentissages, la compréhension des mécanismes et des concepts techniques qui priment sur le produit fini. On suit une logique de compréhension du fonctionnement des objets et des techniques en vue de répondre à un besoin concret.
Malgré l’importance de la manipulation qui permet à l’élève d’exercer son pouvoir sur les choses, de développer ses habiletés, de construire des images mentales, il a fallu veiller à dépasser cette dernière afin de développer la culture technique, c’est-à-dire les savoirs, savoir-faire et pratiques liés à l’usage d’un objet technique.
Concernant le volet numérique, l’enjeu majeur était d’éviter de réduire le numérique à la simple utilisation d’un ordinateur ou d’un logiciel. Il a, dès lors, été nécessaire d’étendre les visées de la FMTTN au développement de la culture numérique des élèves, en se concentrant sur des savoirs et compétences consistants dès la troisième primaire, au-delà de la maitrise technique des outils.
Enfin, pour les deux volets (FMTT et numérique), un autre enjeu dans la rédaction des séquences a été de concilier le développement de l’autonomie des élèves tout en assurant une vigilance concernant la sécurité. En effet, le référentiel préconise l’apprentissage explicite de la posture ergonomique et de certaines précautions. Cela inclut : associer les risques et dangers, identifier les équipements de protection requis et respecter les règles de sécurité, d’hygiène et d’ergonomie.
La discipline FMTT est particulièrement propice à l’approche interdisciplinaire. Elle mobilise en effet des attendus d’autres disciplines, comme les sciences, les mathématiques ou l’éducation culturelle et artistique (ECA), au travers d’activités qui répondent à un besoin en utilisant des outils, des matériaux et des énergies.
Dans le programme, nous avons veillé à illustrer régulièrement les liens qui pouvaient être établis entre les différentes disciplines. Par exemple, en sciences :
L’objectif est de permettre aux élèves de transférer les connaissances construites en sciences pour définir, planifier et réaliser leur projet FMTT.
Si le terrain est particulièrement fécond en croisements dans le domaine des sciences, d’autres disciplines s’y prêtent aussi. Avec la formation historique, par exemple, en comparant des objets et des pratiques ancestrales avec ceux d’aujourd’hui. Ou encore avec l’ECA, où la réalisation d’objets peut être mise en lien avec un attendu tel que : « Imaginer une production plastique à partir de techniques et de gestes simples. »
De plus, l’interdisciplinarité prend toute son ampleur avec le volet numérique du programme FMTTN, qui agit comme un important levier de soutien aux autres matières :
Le programme de FMTTN s’ajoute à un paysage disciplinaire déjà riche pour les enseignant(e)s. C’est précisément pour cette raison qu’il a été conçu avec pour objectif d’éviter la surcharge et, au contraire, de soutenir la gestion globale des apprentissages grâce à une approche fondamentalement transversale.
« La clé réside dans l’articulation des disciplines plutôt que leur simple juxtaposition. »
La clé réside dans l’articulation des disciplines plutôt que leur simple juxtaposition. Pour le volet FMTT, la transversalité se manifeste concrètement par la mise en place d’un projet. Lorsqu’un(e) enseignant(e) travaille sur une réalisation, comme la construction d’un nichoir ou l’étude d’un thermomètre, il/elle mobilise et évalue en réalité plusieurs attendus simultanément, issus de différents référentiels : FMTT(N), sciences, mathématiques… En intégrant ainsi les savoirs, les enseignant(e)s ne gagnent pas seulement du temps, mais construisent par la même occasion des séquences porteuses de sens et de cohérence pédagogique. Les élèves comprennent mieux la finalité de ce qu’ils apprennent, ce qui fluidifie les démarches et renforce la cohérence du tronc commun.
Le volet numérique amplifie ce rôle de soutien en agissant comme un levier de transversalité. Les compétences numériques enseignées, comme la recherche documentaire, peuvent être réinvesties dans d’autres disciplines comme les sciences ou la FHGES[1]Formation historique, géographique, économique et sociale.. Cette mutualisation des apprentissages permet de cibler des objectifs simultanés, ce qui optimise le temps scolaire et allège ainsi la charge de travail des enseignant(e)s.
De plus, l’intégration efficace des technologies numériques est essentielle pour soutenir les apprentissages en déplaçant l’accent des processus dirigés par l’enseignant(e) vers des processus centrés sur l’élève, favorisant ainsi leur autonomie et leur engagement.
C’est en travaillant de manière intégrée que le programme permet d’aborder des contenus sans multiplier des activités isolées, en rendant les apprentissages plus solides et plus signifiants pour tous les élèves.
Référentiels et programmes : pas kif kif
Pour enseigner dans l’enseignement obligatoire ordinaire et spécialisé (maternel, primaire, secondaire), les équipes pédagogiques se basent sur :
– les référentiels, qui définissent le « quoi enseigner/le quoi apprendre ?», qui sont approuvés par le Gouvernement et sont communs à toutes les écoles
– les programmes d’études, qui répondent à la question du « comment enseigner ? », qui sont conçus par les pouvoirs organisateurs (PO) et fédérations de pouvoirs organisateurs (FPO), et sont propres à chacun d’eux.
Source : enseignement.be
L’équipe de rédaction des programmes de l’officiel.
Notes de bas de page
| ↑1 | Formation historique, géographique, économique et sociale. |
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