Fermeture annuelle du 13 au 28 juillet : les commandes seront assurées jusqu'au 12 juillet et dès notre retour. Bonnes vacances !

Définition (1) de la Pédagogie Institutionnelle

Ce qu’en disait Fenand OURY, dans la préface de Vers la pédagogie institutionnelle.

Nous ne sommes pas pressés d’en donner une définition: c’est ce que nous essayons d’élaborer.
Sur le plan de la théorie, ce livre est en retrait, peut-être, sur le précédent: nous ne disons rien de nouveau. Comme en 1964, nous estimons que l’analyse du milieu éducatif comporte nécessairement trois dimensions au moins : – Matérialiste: le matériel, les techniques qui commandent les types d’organisation déterminent les activités, les situations, les relations. – Sociologique: la classe, groupe et ensemble de groupes, fait partie d’autres ensembles qui la déterminent en partie.
Interrelations et phénomènes de groupe surdéterminent comportement et évolutions. Connus et maÎtrisés (si possible par le groupe lUi-même). Ils deviennent agents d’éducation. – Psychanalytique: reconnu ou nié, l’inconscient est dans la classe et parle … Mieux vaut l’entendre que le subir.
Une classe institutionnelle, c’est :
Un ensemble de techniques, d’organisations, de méthodes de travail, d’institutions internes, nées de la praxis des classes actives, place enfants et adultes dans des situations nouvelles et variées qui requièrent de chacun engagement personnel, initiative, action, continuité. Ces situations travail réel confrontées aux limitations de temps et de pouvoir sont souvent anxiogènes et débouchent naturellement sur des conflits ; ceux-ci, non résolus, interdisent à la fois l’activité commune et le développement affectif et intellectuel des participants. De là cette nécessité d’utiliser, outre des outils matériels et des techniques pédagogiques, des outils conceptuels et des institutions sociales internes capables de résoudre ces conflits par la facilitation permanente des échanges matériels, affectifs et verbaux, à des niveaux conscients et inconscients. Mais une question demeure non résolue : comment cette classe institutionnelle peut-elle s’intégrer sans disparaitre dans les institutions scolaires, politiques, économiques ? Cette insertion est-elle indispensable ? souhaitable ? possible ? Selon l’insertion sociale, l’information réelle, l’idéologie politique de chacun, des réponses diverses peuvent être apportées à des questions qui dépassent le cadre de la pédagogie. Alors, pourquoi ce gros livre ? Simplement pour signaler l’existence de milieux coopératifs. Nous pensons que la prise en considération de ce qui se passe dans quelques classes insolites, si l’on en tirait des conclusions, mettrait en danger non seulement l’école-caserne, mais vraisemblablement l’édifice scolaire hérité de Napoléon. Aussi nous considérons-nous volontiers comme des utopistes ! Fernand OURY

Documents joints