Fermeture annuelle du 13 au 28 juillet : les commandes seront assurées jusqu'au 12 juillet et dès notre retour. Bonnes vacances !

Édito 246

Une grande majorité d’enseignants cherchent à faire réussir tous leurs élèves. Mais, souvent, quand il s’agit d’enfants issus de familles populaires, ils identifient des manques dans la famille, des manques qu’il faudrait combler. Et donc, souvent, « ça ne marche pas ».

Nous avons essayé de vous faire voir les choses autrement, de rechercher, non pas les manques des familles populaires ou de leurs enfants, mais les manques de l’École, de cette École qui compte, sans le dire, et probablement aussi, sans s’en rendre compte, sur de nombreuses capacités que les enfants auraient construites, dès le plus jeune âge dans les familles, alors que ce n’est pas le cas dans toutes les familles.

Cette École ne fait pas son boulot. Elle prend les enfants de classe moyenne comme modèle, comme norme, les voit réussir et ne s’interroge pas sur tout ce qu’elle exige, mais n’enseigne pas.

Nous sommes donc allés voir de plus près, ces « choses » que l’École n’enseigne pas, mais sur lesquelles elle compte pourtant : l’autonomie intellectuelle (savoir que quand on se trompe ou pas, il est toujours intéressant de se demander pourquoi), la langue de scolarisation (celle par laquelle se font les apprentissages et qui permet de structurer la pensée à l’école), l’étude (comment on « étudie »), les codes, la pensée réflexive… Des auteurs ont nuancé des approches pédagogiques qui se présentent comme des solutions infaillibles ! Des enseignants nous ont raconté ce qu’ils tentaient dans leurs classes, et des chercheurs nous ont livré les résultats de leurs recherches.

La pandémie (dont on aurait tellement voulu ne pas vous parler…) a mis en évidence le problème de fabrication et de renforcement des inégalités par notre École. Quand nous parlons du changement de l’École, nous pensons trop souvent innovation ou modernisation du système scolaire sur le modèle des classes moyennes. Mais, il est urgent de mettre au cœur de nos pratiques une réelle démocratisation permettant l’accès aux savoirs pour tous (comme on s’est battu pour l’accès à l’école pour tous) et certainement pour les plus démunis.