Fermeture annuelle du 13 au 28 juillet : les commandes seront assurées jusqu'au 12 juillet et dès notre retour. Bonnes vacances !

Édito 249

Ce dossier consacré à l’enseignement à distance a été élaboré dos au mur, le nez sur le guidon, ignorants si nous faisions du surplace ou si nous tournions en rond, cramponnés à notre petit vélo d’appartement. Pressés par l’urgence de glaner quelques points de repère sur ce qui nous tombe dessus depuis un an (seulement depuis un an?), nous avons surement loupé des perspectives essentielles, manqué de recul, trop insisté sur certains éléments qui se sont imposés à nous de toutes parts.

Mais pendant que nous cherchons notre souffle, d’autres acteurs, que l’on dit géants, ne manquent pas d’air, et les vents qu’ils charrient ont de quoi nous glacer le sang. Car ces Gafam et autres Uber s’invitent à la « Global Coalition Education » de l’Unesco, ou à la biennale « World Innovation Summit for Education », généreusement impulsé par une des épouses de l’émir du Qatar…

Ne vous inquiétez donc pas : nos géants ne cessent de penser à nous, pour nous, et sont bien évidemment là pour nous soutenir. Comme la corde soutient son pendu?

Pourtant, des alternatives existent : gratuites, efficaces (les Gafam n’en ont le plus souvent que repris les principes), open source, non intrusives, parfois même soutenues par les pouvoirs publics — mais ce dernier point est malheureusement beaucoup trop rare. À quand une politique lucide et courageuse en la matière?

Même s’il a été concocté à la hussarde, nous avons l’impression que ce dossier nous indique deux ou trois pistes importantes. D’abord, cette fracture numérique dont on ne cesse de parler n’est qu’un des costumes de la fracture sociale. Pressés par l’immédiateté, évitons de prendre le symptôme pour le mal. Ensuite, obnubilés par les questions de supports, d’outils et par tout l’organisationnel qui va avec, on en oublie l’essentiel : les apprentissages, les vrais.

Enfin, il serait injuste de penser que l’utilisation d’outils numériques ne serait que pis-aller pour périodes de confinement. Ils peuvent parfois apporter de réelles dynamiques nouvelles. Mais sur la base des pratiques que nous découvrons, et contrairement à ce dont rêvent certains, ces perspectives n’amènent pas à une diminution du rôle de l’enseignant. Du coup, c’est dans le présentiel que ces pistes les plus prometteuses demandent à être transposées. Espérons qu’il advienne le plus vite possible.

Comité de rédaction