Édito 265

Aujourd’hui, l’autonomie est mise à toutes les sauces. Sauce cocktail, avec le Sois heureux, sauce américaine avec le Sois indépendant tout seul, sauce ketchup pour ceux qui en saigne de cette autonomie obligatoire et implicite qui les laisse sur le bord du chemin. Et dans le secteur de la santé mentale, ce serait une sauce brulante : Sois autonome mais ferme-la, on sait ce qui est bon pour toi.

Un concept employé dans de nombreux domaines, une injonction sociale en vogue. Mais, en éducation, qu’est-ce que ça veut dire être autonome ? Recharger les batteries ? Apprendre en roue libre ? Ne pas être dépendant ? Y a-t-il d’autres conceptions de l’autonomie ? Qu’est-ce qui s’y niche en filigrane ? Émancipation, c’est un synonyme ? C’est naturel ou ça s’apprend ? C’est personnel ou culturel ? De savoir mettre sa veste tout seul à être capable de retravailler ses textes argumentatifs, l’autonomie ne se décrète pas. Et il y a différentes façons de faire ses lacets.

Dans ce dossier, des pratiques qui travaillent à redonner du pouvoir aux apprenants. Avec du matériel que les très jeunes peuvent utiliser pour apprendre et s’entrainer seul. Avec un dispositif qui permet de comprendre ce qu’un conte raconte en réfléchissant seul et avec les autres. Une organisation d’école originale qui tente de réduire les inégalités en évitant de s’appuyer sur les familles pour le travail autonome en dehors des heures d’école. Une école des devoirs ou un bureau des questions s’est émancipé des consignes scolaires et se laisse assiéger par la poésie qui donne des ailes. 

Tirez votre plan pour lire tout ça ! On vous a mis en plus un article en ouverture et une invitation à venir écrire avec nous le temps d’un week-end. En mai, on fera ce qui nous plait : écrire, réfléchir et prendre du plaisir à faire ça ensemble.

Comité de rédaction