Les enseignant·es généralistes de l’enseignement primaire doivent-ils devenir des expert·es de cette nouvelle discipline ? Ou doit-on miser sur des professionnels spécifiques, sachant tout de même que cette discipline couvre huit domaines d’apprentissages, allant de l’alimentation à la création de contenus numériques en passant par les techniques de culture. Pourquoi la FMTTN et non pas la technologie ? Est-ce bien différent de ce que certains font déjà ? Pourquoi et pour quoi la FMTTN dans le tronc commun, c’est-à-dire quelles sont les visées ?
Nous nous posions toutes ces questions et bien d’autres. Certains auteurs s’en sont emparés à l’occasion de ce numéro, ou depuis quelques années au travers de différentes initiatives. Parfois, on n’était pas d’accord entre nous ou avec les auteurs sur les missions de l’école et ce qui doit occuper les élèves ; est-ce qu’il faut distinguer les activités manuelles des activités intellectuelles ; est-ce qu’il faut apprendre uniquement en faisant et en construisant ; etc.
Mais, on était d’accord de ne pas en rester aux désaccords.
Alors avec le papier de verre de nos arguments, on a révélé ces divergences. On a creusé les sillons de nos cadres et on a sanglé ce que nous avions de meilleur à partager. Comme le font tous les jours les enseignants, en bons techniciens, on a arbitré entre les contraintes et on a raboté les difficultés. Avec nos valeurs partagées, nos connaissances et nos réalisations, on a fait nos propres clous, des vis, de la colle ; on a réalisé des formes particulières astucieusement pensées (le Kigumi) et d’autres improvisées et bricolées ; on a trouvé des mises en œuvre et des pédagogies pour quand même accueillir ce petit nouveau de FMTTN. Avec des ressources, des lieux utiles dans et hors de l’école, de la formation et des réflexions, nous vous proposons de passer du « pot-pourri » disciplinaire au pot fleuri, avec des matériaux et des outils, en intérieur ou en extérieur, en réel ou en numérique.