Formation à la citoyenneté dans l’École (La)

La formation à la citoyenneté dans l’École doit s’effectuer dans le cadre d’espaces et de temps définis par l’adulte en fonction du niveau de développement des enfants… (…) l’éducation est accompagnement… L’École a pour mission d’identifier, au fur et à mesure que l’enfant grandit, les cadres dans lesquels et sur lesquels il peut faire l’apprentissage de la démocratie en y appliquant le principe de Rousseau : « L’obéissance à la loi qu’on s’est soi-même prescrite est liberté. » Très tôt, dès l’école maternelle, il existe en effet des activités définies par le maître, en application d’instructions officielles, qui ont pour finalité des apprentissages précis, mais qui peuvent se prêter à une réflexion collective sur les modalités de leur organisation : cette réflexion, évidemment, doit être organisée et strictement contrôlée par le maître, elle doit se dérouler dans un temps donné et limité ; elle suppose que les rôles respectifs des participants soient définis et qu’une exigence de calme dans le comportement et de rigueur dans l’expression linguistique soit constamment incarnée par l’adulte. Elle n’impose nullement que le maître abandonne son droit de veto, chaque fois qu’il l’estime nécessaire. Elle l’engage, aussi, à faire respecter les décisions collectives et à lutter contre les velléités inévitables de changement permanent au gré des circonstances : l’élève se prête, en effet, assez facilement à l’exercice qui permet de se donner des règles, mais il a parfois tendance à les oublier et à s’y dérober dès qu’elles ne lui sont pas favorables. Il revient au maître de rappeler, alors, le statut des décisions collectives et de ne pas accepter qu’on s’y déroge sans une nouvelle discussion qui viendra à l’échéance prévue pour cela. Ainsi, tout au long de la scolarité et sans aucune ambiguïté sur les prérogatives de ce genre de discussion collective, les enseignants ont à promouvoir des espaces d’expérience démocratique. Celles-ci ne peuvent, évidemment, toucher ni les principes de l’École, ni les programmes scolaires, ni l’autorité des cadres de l’institution, mais elles peuvent concerner un nombre considérable de domaines et, en particulier, celui des méthodes d’enseignement et des règles nécessaires au travail commun : quelle place donner au travail collectif, individuel et de groupe ? Comment organiser la recherche documentaire, le suivi individualisé, la préparation des contrôles et des examens ? Comment faire en sorte que chacun et chacune puisse s’exprimer et progresser dans la classe ? Comment gérer au mieux le temps scolaire pour atteindre les objectifs de l’École ? Ainsi, ce qui sépare la vie scolaire de la vie citoyenne, c’est que, dans la vie scolaire, la formation à la démocratie s’inscrit à l’intérieur de cadres qui ne sont pas négociables, alors que la vie démocratique a, précisément, la prérogative essentielle de définir les cadres institutionnels et les objectifs de l’institution scolaire.

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