La couverture et les illustrations de ce numéro

« Caroline Delieutraz use de matériaux présents en abondance dans notre société de l’information : les images et autres données qui, sans état d’âme, circulent dans le flux des réseaux électroniques mondiaux. L’origine de ces données, leurs conditions d’apparition dans l’espace public — Internet compris —, leur exploitation, leurs transformations et réutilisations successives, leur mort et leur renaissance sont au centre de son travail. Au quotidien, elle collecte toutes sortes de matériaux disponibles sur la toile, pour les manipuler et occuper, à sa manière, ce monde volatile en perpétuel mouvement. Si elle perpétue ce qui pourrait s’apparenter à l’effacement de l’original, notion toute relative dans le monde du copié-collé, il ne s’agit pas non plus de nier l’origine des données et le travail fait par d’autres. Au contraire, la provenance directe des images fait partie intégrante, signifiante, de l’œuvre. Extrayant les informations des dispositifs dans lesquels elle les trouve, l’artiste crée des déplacements et des reconfigurations qui visent à remettre en cause l’autorité de ces images, devenues si familières qu’elles s’imposent à nous comme des évidences. Au sein d’une démarche qui saute sans arrêt du monde dit virtuel au monde dit réel, les diverses formes de son travail apparaissent comme autant de véhicules, numériques et analogiques, de ces éléments mystérieusement hybrides que sont les données. » Géraldine Miquelot

 

Caroline Delieutraz, Black Armor, 2017 (photo : Aurélien Mole), pour la couverture.

Caroline Delieutraz, Série Embedded Files, 2015/2017, pour les illustrations du dossier.

Caroline Delieutraz, Sans Titre (La Tour de Babel), 2013, pour l’illustration de la rubrique ouverture.

Courtesy de l’artiste et de la Galerie 22,48 m², Paris