Laurent Henquet s’oppose à l’allongement du tronc commun: “On va se retrouver avec des gugusses en classe”

Laurent Henquet, député MR, tire à boulets rouges sur l’allongement du tronc commun.

Le Pacte pour un enseignement d’excellence, porté par la ministre de l’Enseignement Marie-Martine Schyns, prévoit un allongement du tronc commun jusqu’à la fin de la troisième secondaire.

Et de cette mesure, le MR ne veut décidément pas. Laurent Henquet, ancien directeur d’école et actuellement député, explique les raisons de l’opposition de son parti.

Pourquoi vous opposez-vous à l’allongement du tronc commun ?

“Au MR, on croit à l’intelligence plurielle. Certains enfants ont une intelligence sociale, d’autres plus pratique ou théorique, etc. Maintenir pendant trois ans des enfants dans un système qui ne valorise que l’intelligence théorique sera catastrophique pour les enfants qui ont une intelligence pratique. J’ai vu un élève se décomposer littéralement en apprenant qu’il ne pourra pas faire de boulangerie avant la quatrième année alors que c’est ça qu’il veut faire. Cet allongement du tronc commun va faire en sorte que les enfants qui ne sont pas à l’aise dans tous ces cours théoriques vont se mettre à faire les gugusses en classe. L’allongement va augmenter l’échec scolaire, l’exclusion et l’absentéisme. Trois fléaux qui vont être amplifiés par ceux qui les dénoncent, c’est-à-dire le PS et le CDH, parce que vous maintenez des enfants dans un système qui ne leur convient pas.”

Vous estimez qu’il faut autoriser le redoublement à la fin de la première ?

“Vous avez des enfants qui terminent leur première secondaire avec 35 % dans tous les cours et qui passent quand même en deuxième. Ces élèves seront dans le mur en fin de deuxième. Dès le 15 septembre, ils ne comprennent plus ce que les profs racontent. La difficulté, c’est l’hétérogénéité. Quand elle est trop importante, c’est catastrophique parce que les profs se retrouvent à donner des exercices pour ceux qui ont 35 % et ceux qui ont 95 % trouvent ça d’une facilité déconcertante. Donc, les profs essayent de trouver un niveau médian pour que les forts ne s’ennuient pas et que les faibles ne soient pas trop vite largués, mais le niveau médian ne satisfait personne. J’ai toujours été pour un redoublement ciblé. Ça me gêne quand le PS, Défi, Ecolo et le CDH disent ‘ Nous sommes les champions du monde du redoublement !’ Laisser passer un élève qui n’a pas les compétences à l’année suivante, ce n’est pas lutter contre l’échec scolaire, c’est le postposer. On fustige l’échec scolaire comme si c’était la chose à éviter par excellence mais il n’y a aucun prof qui est content quand un élève recommence ! Quand on constate qu’un enfant n’a pas les connaissances, la seule solution est de le faire doubler.”