L’émancipation en milieu scolaire

Petite brochure de vingt-deux pages proposée par la Commission Justice et Paix pour aider les enseignants souvent démunis à s’emparer de cette question qui est pourtant une des missions de l’enseignement.
On y trouve la description d’un outil d’autoévaluation du rapport de l’enseignant à l’émancipation, et ce, par étapes, détaillées et minutées tout en laissant de la latitude à l’animateur.
Il y a deux aspects : suis-je un enseignant (directeur, animateur, éducateur) émancipé ? et suis-je un enseignant émancipateur pour mes élèves ?
On pourrait ajouter : suis-je un directeur émancipateur pour mes professeurs et membres du personnel ? Notez que cette question est indirectement posée quand on parle du public visé, on y lit pourquoi pas aux directeurs d’école ? 
Cette animation s’adresse à des enseignants du secondaire, aux éducateurs avec un groupe de huit à vingt-quatre personnes, l’idéal étant douze personnes afin de permettre à chacun d’avoir la parole.
La durée prévue est de quatre heures, mais pour approfondir, il faut sans doute plus de temps.
L’outil de base de cette autoévaluation est un circept (cir pour circonférence et cept pour concept), composé de quatre axes mis en tension deux à deux dont le croisement fait émerger quatre postures de l’enseignant dans sa pratique quotidienne.
Première tension entre l’expertise de l’enseignant en tant que détenteur d’un savoir et son expérience issue de sa pratique, les deux autres axes mettant en tension, la portée collective du métier et le rôle plus individuel en tant qu’accompagnateur.
C’est la tension entre ces axes qui donne sens à ces postures : prendre conscience, se décentrer, s’allier et coopérer.
Les pratiques proposées et/ou suggérées sont assez classiques, mais pertinentes : réagir sur la base d’un support (BD., photos, textes…), émergence des représentations, photolangages, (le jeu de Motus élaboré par le Grain est aussi proposé et même expliqué en annexe), post-its à épingler, mais aussi travail en petits groupes pour mettre en lien l’outil circept et la pratique des participants, des partages sous forme de tours de table…
Les dernières étapes permettent de remettre en question ce qui est proposé, de construire son propre circept, de réagir et, in fine, de prendre distance par rapport à l’expérience vécue qui est aussi une manière d’évaluer l’atelier.
Animation bien construite dans laquelle chaque étape est clairement décrite tout en laissant de l’autonomie à l’animateur afin de répondre au mieux aux attentes du public et d’être à l’écoute des réactions de celui-ci.

La Commission Justice et Paix francophone de Belgique, Propositions pédagogiques pour travailler l’émancipation en milieu scolaire, Outil 2018.