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Pédagotour

Avec la rentrée des classes, refleurissent ça et là, comme chaque année, les projets d’activités pédagogiques qui voudraient décloisonner les cours, ouvrir davantage sur la société, faire sortir de la classe.

Parmi tous les déplacements scolaires, la palme revient généralement aux voyages scolaires, toujours très demandés. Bientôt seront lancées les classes de neige, avant que ne rouvre la saison des classes vertes, des classes de mer, de ville, et autres voyages de fin d’année ou d’études. Le tout avec les péripéties habituelles d’organisation qui amènent les enseignants concernés par ces sorties pédagogico-touristico-festives à re-réfléchir aux objectifs poursuivis et aux effets réels de ces sorties prolongées.

Le débat reste ouvert entre partisans et adversaires plus ou moins déclarés des activités extra-scolaires, l’argument financier n’étant pas le moindre. Ici, des familles en difficulté répugnent à demander une aide à l’école, ce qui prive leurs enfants de ces voyages et risque de les marginaliser. Ailleurs les élèves partants sont triés sur le volet en fonction des résultats scolaires et de critères de comportement, ce qui ne peut que créer un sentiment d’injustice. Combien d’écoles ont-elles lancé un vrai débat sur la question, en fixant un cadre clair qui fait la part entre les déplacements qui contribuent à la formation et ceux à vocation plus récréative?

Pour

Personnellement, à certaines conditions, je reste convaincue du bien-fondé des voyages scolaires. Parce que je crois que, dans l’ensemble, les bénéfices de toutes sortes dépassent largement les inconvénients, que ce soit sur le plan de la découverte, de la rencontre, des apprentissages plus concrets sur le terrain, du choc peut-être de l’inconnu, sans parler de l’aspect éducatif et de l’objectif de socialisation qui devraient être rencontrés à cette occasion. Tout le monde sait que bien des élèves, dans certains quartiers, ne sortiraient pas de chez eux et ne découvriraient rien d’extérieur à leur quotidien, y compris le monde vu à travers la petite lucarne, s’ils ne partaient pas de temps en temps avec leur école.

Mais trop souvent sans doute, l’enseignant passe à côté d’objectifs pédagogiques en voulant trop bien faire, en assurant lui-même toute l’organisation, en façonnant le programme des activités et des visites; bref en concoctant des journées et un horaire que les élèves n’auront plus qu’à consommer béatement, ne laissant parfois à l’initiative des classes qu’ils emmènent que la prise en charge des soirées et des nuits, pour leur plus grande inquiétude alors, une fois sur le terrain.

Les voyages les plus formateurs ne restent-ils pas ceux qui partent d’un projet de la classe, qui se conçoivent et se réalisent en coopération? C’est ensemble alors, enseignants et élèves, à fixer les objectifs, à faire les choix de lieux, de temps, d’activités, de visites voire de rencontres, en prenant connaissance des contraintes, notamment budgétaires; en prenant conscience aussi des réalités financières différentes pour chacun, qui obligeront à nouer des solidarités, à se démener pour trouver ensemble un pécule consistant ou à tout simplement décider de partir moins loin.

Pour tous

Même si aucun projet n’arrivera jamais à impliquer chacun de la même manière, même si dans tout groupe on retrouve des meneurs, des suiveurs, des râleurs, des déserteurs et autres emm…, le jeu en vaudra toujours la chandelle; parce que ce travail en coopération induit la responsabilisation, et l’apprentissage à une forme de démocratie, et que ça, ça n’a pas de prix. Si, de plus en plus, les profs fonctionnaient de cette manière collective et décidaient de se former en ce sens, peut-être les pouvoirs publics, quand même en mal de Missions de l’enseignement à voir s’accomplir, racleraient-ils mieux leurs fonds de tiroirs pour subventionner davantage ces activités à la fois pédagogiques et récréatives.

Du côté de la règlementation des classes de dépaysement, dans le fondamental [1]En septembre 2001, le ministre Nollet disait plancher sur un projet de règlementation plus sévère des classes de dépaysement, qui imposerait notamment un taux de participation de 90% pour que le … Continue reading par exemple, il devrait se trouver des solutions, y compris en espèces sonnantes et trébuchantes, pour non seulement ne pas empêcher trop facilement des classes de partir, mais encore pour favoriser ces voyages; quitte à fixer des règles pédagogiques à observer pour être dans les conditions de financement requises. Quitte aussi à ce que le financement soit fonction du type de classe, du milieu, comme par exemple les classes D+. Revoir la règlementation des départs en classe de dépaysement? Surement. Mais à condition de réellement promouvoir les voyages à contenu pédagogique et de faire en sorte que tous les élèves aient la chance d’y participer.

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 En septembre 2001, le ministre Nollet disait plancher sur un projet de règlementation plus sévère des classes de dépaysement, qui imposerait notamment un taux de participation de 90% pour que le déplacement ait lieu.