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PISA 2012

La FWB reste dans la moyenne OCDE en ce qui concerne les résultats en maths, mais n’enregistre pas de progrès significatifs. Pourquoi ?

En FWB, en dix ans, il n’y a pas eu de changements dans la façon ni de former les enseignants, ni de leur procurer des outils, ni de définir les programmes qui aillent dans le sens de ce qui est évalué dans le cadre de l’enquête Pisa. Je m’explique. Par rapport à la formation des enseignants du fondamental et du début du secondaire, c’est une formation courte, trop courte. Pour les instituteurs, il n’y a que 180 heures de formation en mathématiques sur les trois années, en ce compris la didactique en mathématiques et les préparations de leçons. Et, il y a globalement très peu de prise en compte des recherches en didactique des mathématiques dans la conception des programmes. Par ailleurs, les manuels et autres documents officiels “issus du marché” mis à disposition des enseignants sont rarement conçus par des didacticiens. J’ajoute qu’il y a très peu de formation continue et que la formation des formateurs d’enseignants dans la perspective de ce qui est demandé par Pisa est quasi inexistante. Conséquence ? On a les résultats du niveau des profs qu’on a.

Selon Pisa 2012, les filles sont beaucoup plus anxieuses que les garçons par rapport aux maths. Comment pourrait-on l’expliquer ?

D’une manière générale, les maths sont plus un facteur de stress chez les enfants et les jeunes parce qu’on les leur fait approcher de façon plus obscure, plus mystérieuse. On les accompagne trop peu dans l’initiation au langage et aux codes mathématiques, et on le leur présente comme des faits et pas comme une construction. Donc, pour peu qu’on n’ait pas les codes pour comprendre pourquoi et comment on entre dans ce langage-là, ça ne peut être que facteur de stress que de ne pas y arriver. Alors, pourquoi les filles sont plus anxieuses ? Je ne sais pas. Par contre, de façon plus générale, cela tire une sonnette d’alarme sur la question des préjugés sexistes qu’on véhicule à travers l’éducation et qui se perpétue à l’école.

L’écart entre les élèves les plus favorisés et les moins favorisés se réduit, de même que celui entre élèves immigrés et élèves d’origine belge. Cela démontre-t-il que notre politique éducative est sur le bon chemin ?

Probablement qu’il y a des éléments liés aux politiques mises en place (encadrement différencié, augmenter la mixité sociale). N’empêche que 33 % des écoles restent des écoles d’élites, qui ont une moyenne supérieure au score moyen. Ce qui va continuer à contribuer au quasimarché scolaire. En outre, il y a toujours un écart de 112 points entre les 25 % d’élèves les plus favorisés et les 25 % d’élèves les moins favorisés. Là, la FWB ne s’est pas améliorée du tout. La seule chose qui a changé, c’est qu’il y a des pays qui font pire. Je remarque encore que l’écart de résultats entre les écoles les plus fortes et les plus faibles (181 points) est plus grand que l’écart entre les élèves les plus faibles et les élèves les plus forts (112). Donc, la dualisation du système est encore plus grave que la dualisation entre élèves.

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