Partisan indécrottable de l’auto-socio-construction du savoir, j’ai basé mon enseignement sur un enchainement de problèmes. Souvent au mépris de synthèses théoriques solides, au prétexte que la meilleure assise des connaissances acquises était le réinvestissement dans un nouveau problème où la valeur instrumentale des concepts déjà développés pourrait se faire voir.
Imaginez les premières heures d’un cours de géométrie en première année secondaire. On demande aux élèves de plier une feuille de papier blanche. Puis :
Il faut ensuite reprendre une nouvelle feuille et la plier une première fois comme pour la question précédente, et une deuxième fois en superposant les deux parties du pli. Puis reprendre les trois consignes précédentes.
Amener les élèves au terme de la tâche qu’ils commencent seuls puis poursuivent en groupe, demande une bonne circulation de l’enseignant dans la classe et beaucoup d’attention pour donner un coup de pouce en cas de panne sèche, éveiller l’élève par une question s’il fait une sortie de route, relancer un processus quand cela patine… Voir chacun suivre son dessein et aboutir à un dessin, c’est déjà une grande satisfaction pour le maitre, et le sentiment que le contrat est rempli, que l’élève a compris puisqu’il a accompli le travail et qu’il n’y a pas grand-chose à ajouter. Si ce n’est enchainer avec un autre problème…
Par exemple dans une situation de miroir. À partir d’un point situé à 2 cm du bord d’une feuille A4 blanche sur la table, trace deux segments suffisamment grands (figure 2). Place ensuite un miroir perpendiculairement à la table pour obtenir une figure fermée, formée des deux segments et de leur reflet dans le miroir.

Mais avant de s’attaquer à un autre problème, il n’est peut-être pas inutile de s’attarder à la tâche effectuée et au résultat. Pour faire verbaliser ce qui a été fait, donner un nom à certain objets mathématiques (point, droite, segment, symétrique, symétrie orthogonale…) et certaines opérations (mesurer, mener une perpendiculaire, reporter une distance…), s’assurer que chaque élève a une trace écrite solide, questionner les incompréhensions, argumenter les affirmations.
« La synthèse théorique qui suit l’activité, c’est un travail complexe. »
Plus encore, que verbaliser, nommer et questionner, il n’est certainement pas vain de couler une part du travail opéré en éléments de théorie. Comment caractérise-t-on les points, les droites, les segments, les angles et les perpendiculaires ? Comment caractérise-t-on une symétrie orthogonale, un axe de symétrie, une symétrie centrale, un centre de symétrie. Qu’est-ce qu’un invariant, que donne la composée de deux symétries orthogonales d’axes perpendiculaires ?
La synthèse théorique qui suit l’activité, c’est un travail complexe, car il s’agit :