Points du matin, de la semaine

Pourquoi des techniques de bilan de fin d’atelier quotidien ?

1. Du silence des responsables d’atelier…

Les interventions des R d’atelier dans un stage P.I se font sur le fil du rasoir : – Ou bien ils aident beaucoup et les stagiaires font l’économie de la frustration/angoisse et passent peut-être bien à côté de l’analyse personnelle qu’ils pourraient en faire et atteindre ainsi peut-être une « prise de conscience » débouchant sur un Savoir authentique (j’entends par là un Savoir qui change la Personne…) – Ou bien ils se taisent pratiquement complètement et leur présence provoque l’angoisse et l’agressivité. Seul alors le soin qu’ils apportent à l’ouverture et la fermeture journalière de l’Atelier empêche l’éclatement du groupe. Inutile de rappeler bien sûr le nécessaire souci de la préservation des personnes dans le cas où le ton monte…
La bonne distance est bien entendu, à mon avis, entre ces deux attitudes et dépend du « style » du R d’atelier.

2. De ce que j’ai compris du rôle de R d’Atelier :

Le temps d’Atelier est un moment de « passage ».
Pour que ce « passage-là » puisse s’effectuer, une situation est mise en place autour d’un contrat.
Le R d’Atelier est le garant de cette situation.
Il est le garant de l’Institution « Atelier », il se doit de préserver : – Le lieu – Le temps – Les personnes Il est l’accompagnateur d’une sorte de « voyage » que va effectuer le groupe. Accompagnateur et miroir en même temps car ses interventions, dans l’idéal, sont des « retours » au groupe de ce qu’il est en tarin de vivre : blocages, courses fuites en avant, tentatives de prises de pouvoir, angoisse, etc…)
Le stagiaire à côté duquel le stage passe (comme la caravane) c’est celui qui à aucun moment ne s’est dit : « mais moi, bon dieu, qu’est-ce que je fabrique dans ce cirque ! »
C’est celui qui n’est atteint, à aucun moment, par la « violence ».

3. Pourquoi des techniques de bilan de fin d’atelier du jour ?

  1. Réparer les dégâts dus aux fantasmes de morcellement, de dévoration, de perte d’identité qu’entraîne tout moment de vie au sein d’un groupe où la place du père symbolique est laissée vacante (le père agissant, car les R sont présents mais ne transmettent ni connaissances ex-cathedra, ni ordres, ni etc…) – pour se récupérer, une feuille de papier ou une affiche, je ne connais rien de mieux si on arrive à passer les résistances du passage à l’écrit – pour dépasser l’angoisse d’être dévoré, produire – pour savoir que j’existe, signer (ou ne pas signer qu’importe si ce que j’ai écrit est lu à voix haute)
  2. Reprise de la « barre » par les R qui de toute façon vont avoir à fermer le temps d’Atelier. Dans un stage d’été, les cinq dernières minutes du temps d’Atelier sont réservées à la préparation de Radio-stage qui a les mêmes fonctions que les techniques auxquelles je pense.
  3. Réparer ne veut pas dire bercer ni materner : plutôt mettre en place une structure propre à l’émergence du refoulé, du non-dit qui a fait souffrance pendant la séance et qui trouvera là un canal pour se dire malgré tout ; il s’agit donc de jeux d’écriture et/ou de mots qui ouvriront des brèches pour que l’inconscient se dise. – Effet de libération – Éventuellement, indices pour les R, qu’éventuellement ils pourront « lire » et peut-être ainsi repérer plus aisément ce qui pourrait alerter chez tel ou telle.
    Ces techniques débouchant sur une mini-production, elles entraînent de surcroît la satisfaction réparatrice d’avoir produit.

4. Le principe

  1. Un support qui permet de faciliter le passage à l’écriture le plus efficacement possible ; il s’agit de lancer un pont et non pas de remettre en place une situation qui peut bloquer les gens qui passent mal à l’écrit.
  2. Une consigne : se censurer le moins possible, laisser venir. Pour favoriser l’humour et la fantaisie, je glisse lors du premier jeu d’une série un dromadaire ou une planche à roulettes qui fait dévier immanquablement le ton qui risque d’être solennel vers la drôlerie.
  3. Un temps très resserré : pas plus de 10 minutes tout compris. Il faut que tout soit prêt, y compris dans la tête de l’animateur les consignes de l’exercice (le plus court et le plus clair possible)
  4. Une lecture décalée s’il s’agit de textes Un affichage s’il s’agit de dessins
    Un moment de recul s’il s’agit d’une affiche
    Une cassette à écouter s’il s’est agi d’un jeu verbal
    DONC : favoriser l’émergence facile, rapide, clair, retour

TECHNIQUE 1

Le mot sur l’affiche SUPPORTS : – Une affiche – Un marqueur – Des feuilles A4 pour les participants LE POINT DE DÉPART :
C’est un mot qui a été choisi par l’animateur au moment même où il s’est levé pour le moment de l’exercice. C’est donc un mot choisi en fonction de ce qui s’est passé dans la matinée. Mais c’est un mot « porteur » aux sens multiples et riches. Ex : Pouvoir, Passer, Loi, Règle, Rêve… LES CONSIGNES :
« Sans vous censurer, vous dites tous les mots qui vous viennent à l’esprit à partir du moment où j’aurai écrit un mot au centre de l’affiche. » Pendant un temps très court, vous écrivez comme cela fuse. C’est le moment de glisser dans le tas un rhinocéros ou un parapluie… « Stop » (quand vous estimez qu’il y en a une bonne dizaine) « Il s’agit d’écrire un texte court en utilisant tout ou partie des mots de l’affiche. Vous avez 5 minutes. » (ou moins si le temps presse) ÉCRITURE/LECTURE DÉCALÉE REMARQUES :
L’animateur joue aussi
Vous êtes féroce sur le temps (vous relevez les feuilles !)
Placer un dossier dans la salle d’atelier où seront rangées les productions.

TECHNIQUE 2

L’affiche autour du mot SUPPORTS : – Une affiche (ou deux si vous voulez utiliser deux mots qui font la paire) – De nombreux marqueurs de toutes les couleurs (pour faire joli… LE POINT DE DÉPART : C’est un mot soigneusement choisi car il aborde un thème qui fait problème dans le déroulement de l’atelier pour telle ou telle raison. Il a été choisi par les R ensemble au moment de la pause par exemple. LES CONSIGNES : « Pendant les 5 minutes qui suivent, chacun peut librement aller vers l’affiche pour y ajouter des mots ou des expressions, en souligner, en entourer, en relier, etc… mettre des signes de ponctuation… »
Remarque : j’ai dit aussi « rayer » jusqu’à ce que je me rende compte qu’il pouvait à ce moment se jouer des trucs assez durs pour celui qu’on « rayait ». Maintenant je ne le dis plus. EXÉCUTION : 5 minutes OBSERVATIONS : Après le « stop » de l’animateur, les remarques qui sont faites à ce moment-là sont souvent intéressantes.

TECHNIQUE 3

Le dessin qui parle SUPPORTS : – Une feuille A4 par participant LE POINT DE DÉPART : – Un dessin par stagiaire LES CONSIGNES : « Il s’agit de dessiner un objet ou un animal et de le faire parler dans une bulle. » (on signe si on veut) EXÉCUTION : 5 minutes AFFICHAGE : Au fur et à mesure que les gens ont terminé REMARQUES : – C’est bien pratique de faire parler à sa place une roue de bicyclette, un éléphant ou une montagne… – C’est souvent très réussi et très drôle

TECHNIQUE 4

La petite annonce SUPPORTS : – Une feuille A4 par participant LES CONSIGNES : « En forme de bilan personnel de ce qui s’est passé dans l’Atelier pour vous ce matin, vous rédigez une petite annonce en précisant dans quel journal ou magasine vous souhaitez qu’elle paraisse. » EXÉCUTION : 5 minutes LECTURE DECALÉE VARIANTE POSSIBLE : le télégramme

TECHNIQUE 5

Le test SUPPORTS : – Une feuille A4 par participant LE POINT DE DÉPART : Choisir une particularité de caractère qui fait problème dans l’atelier. Exemples : – Êtes-vous décideur – Êtes-vous agressif – Êtes-vous actif – Êtes-vous autonome – Mesurez votre sens de l’humour – Mesurez votre autonomie – Etc… LES CONSIGNES : « Nous allons mettre au point ensemble un test pour mesurer telle chose. Chaque participant va se charger de mettre au point la question et les 3 choix proposés au futur testé. » (Donner un exemple du type de questions.) Attribuer à chaque participant le numéro de sa question. EXÉCUTION : 5 minutes LECTURE DÉCALÉE : (dans l’ordre des questions)

TECHNIQUE 6

Les mots dans le chapeau SUPPORTS : – 3 huitièmes de feuille par participant – Feuilles A4 LE POINT DE DÉPART : – 3 mots par participant qu’ils écrivent sur les petits papiers et que l’on relève. – On tire au hasard les 5 ou 6 premiers mots qui sortent et on les écrit sur une affiche ou au tableau les uns en dessous des autres. LES CONSIGNES : « Il s’agit d’écrire un texte en utilisant dans l’ordre de leur sortie du chapeau et sans en omettre aucun les mots tirés au sort. » EXÉCUTION : 5 minutes LECTURE DÉCALÉE

TECHNIQUE 7

Les expressions SUPPORTS : – Des papiers préparés au préalable par l’animateur – Feuilles A4 pour les participants LE POINT DE DÉPART : – À vos petits Robert ou vos Larousse illustrés. ( voir fiche suivante) – Il s’agit de relever les expressions françaises utilisant un mot « porteur » : MAIN PASSER BATTRE… – L’idéal c’est une expression différente par stagiaire – Ces expressions sont écrites sur des papiers pliés en quatre et que chacun reçoit au hasard. LES CONSIGNES : « Il s’agit d’écrire un texte en utilisant l’expression que l’on a reçue. » Ce texte peut être une histoire commençant par : « Il était une fois… » EXÉCUTION : 5 minutes LECTURE DÉCALÉE Main
Mettre la dernière main
De longue main
Lever la main sur quelqu’un
Obtenir la main de quelqu’un
Avoir la main heureuse
Demander la main
Avoir les mains libres
Faire main basse
Prendre en main
Main courante
Ne pas y aller de main morte
Prêter main-forte à quelqu’un
Etre entre de bonnes mains
Avoir la main
Mettre la main à la pâte
Donner un coup de main
Main dans la main
Avoir un poil dans la main
Avoir sous la main
À pleines mains
Des deux mains
Avoir le cœur sur la main
Prêter la main
Agir sous main
Tendre la main
De la main à la main
De première main
De main en main Battre
Battre le fer pendant qu’il est chaud
Battre à plate couture
Battre comme plâtre
Battre la campagne
Battre le tapis
Battre les blancs en neige
Battre un adversaire
Battre le pavé
Battre en retraite
Battre les cartes
Battre des mains
Battre la mesure
Se battre en duel
Battre les œufs Passer
Passer de vie à trépas
Passer par la tête
En passer par là
Laisser passer
Passer voir quelqu’un
En passant
Passer de classe
Passer avant tout
Passer aux aveux
Passer à l’opposition
Passer à l’ennemi
Passer une visite médicale
Passer par les armes
Y passer
Passer à la télévision
Passer pour
Passer inaperçu
Passer le seuil
Passer le bac
Passer une ligne
Passer ses vacances à…
Passer une couche
Passer un article
Passer une convention
Se passer de…

TECHNIQUE 8

Le dessin collectif SUPPORTS : – Une affiche – Des marqueurs de plusieurs couleurs LE POINT DE DÉPART : Un objet ou un animal ou une figure géométrique un signe ( ? ! « § …) dessiné au centre d’une affiche LES CONSIGNES : « Il s’agit librement d’aller compléter le dessin par des bulles ou d’autres dessins. »
Ou :
« Cet élément graphique est le point de départ d’une composition. Chacun à tour de rôle, utilise des marqueurs pour poursuivre la composition selon son inspiration. » EXÉCUTION : 5 minutes OBSERVATION : Après le « stop » de l’animateur.

TECHNIQUE 9

Il était une fois… SUPPORTS : – Des feuilles A4 LE POINT DE DÉPART : L’entrée du texte : « Il était une fois …» LES CONSIGNES : « Il s’agit d’écrire un texte qui commence par : Il était une fois… » EXÉCUTION : 5 minutes ÉCRITURE/LECTURE DÉCALÉE REMARQUE : De multiples autres entrées sont possibles. Le principe est de donner les premiers mots pour que s’enclenche l’écrit.
Ex : Moi, la présidence…
Moi, ce matin…
Dans la plupart de ces techniques, on peut préciser qu’on peut laisser son texte anonyme ou le signer mais il est important d’annoncer d’entrée de jeu que les textes seront lus selon la technique de la lecture décalée. Quand un participant n’a rien écrit, relever une feuille blanche et la distribuer comme les autres.

TECHNIQUE 10

Les titres SUPPORTS : – Feuilles blanches LE POINT DE DÉPART : Des titres de livre ou de film qu’on laisse émerger librement pendant 2 ou 3 minutes et que l’on écrit sur une affiche. LES CONSIGNES : «Il s’agit d’écrire un texte en utilisant le plus possible de ces titres. » EXÉCUTION : 5 minutes LECTURE DÉCALÉE

TECHNIQUE 11

Le cadavre exquis SUPPORTS : – Une affiche avec les questions préparées au préalable – Des feuilles A4 LE POINT DE DÉPART : Les questions : – Quand – Où – Comment – Pourquoi – Qui – Qu’est-ce qu… – Pour qui – Etc
Il faut une question pour 2 participants (6 s’ils sont 12) LES CONSIGNES :
«Chacun écrit une question qui commence par le mot/entrée, puis replie sa feuille vers l’arrière de façon à la cacher aux yeux de son voisin de droite à qui il passe la feuille. On répond à une question qui commencerait par « quand » par exemple et on plie et on passe, etc…
Quand les questions et les réponses sont épuisées chacun dispose d’un texte en forme de questions/réponses qu’il lit à voix haute. » EXÉCUTION : 5 minutes

TECHNIQUE 12

Le fil électrique MATÉRIEL : – Un morceau de câble électrique d’une douzaine de centimètres pour chaque participant. – Une bandelette de post-il (+/- 2 cm de large) par participant LES CONSIGNES :
« En modelant ce fil électrique, mettez au courant les membres de l’atelier de la température de cette matinée. Une fois l’œuvre terminée, vous lui donnerez un titre que vous noterez sur le post-it ainsi que votre nom. » EXÉCUTION : 5 minutes AFFICHAGE :
Chacun présente son œuvre au groupe en citant le titre. REMARQUES : – C’est très agréable à faire sur le moment mais difficilement partageable avec un simple affichage pour les personnes qui n’y étaient pas. – La suspension des œuvres peut se faire sur une corde mais c’est une phase qui demande un peu de chipotage.

Le point de la semaine : présentation générale.

Objectifs : – Exprimer le ressenti des élèves et du professeur pendant la semaine à l’école – Communiquer à la classe et aux professeurs, de manière symbolique, ce qui va ou ne va pas Déroulement : – À la fin de chaque semaine, le professeur propose une petite activité différente et écrite pour laisser une trace. – Chacun à son tour communique ensuite son travail oralement. – Ceci est un temps individuel. – Les petits écrits sont enfin récoltés et affichés pendant une, deux ou trois semaines. Important : – On ne commente pas ce qui est communiqué. – Chacun s’exprime en « je » – On parle de soi, pas des autres ni pour les autres. Points de la semaine (Bruxelles) – Dessine un panneau du code de la route (réel ou imaginaire) et explique ton choix. – Un rond identique sur toutes les feuilles à intégrer dans un dessin. – Un couplet à inventer sur un air connu au choix. – Choisir le titre d’une chanson et expliquer son choix par rapport à la semaine écoulée. – Choisir une couleur qui traduit un sentiment. – Faire le contour de sa main, chaque doigt représente un jour, trouver 1 mot par jour. – Rédiger une petite annonce pour vendre ou acheter quelque chose. – Écrire son prénom verticalement et le croiser avec 3 mots. – Rédiger un SMS qu’on adresse à une personne de son choix. – Prendre un thème pour qualifier la semaine et expliquer pourquoi. (pays, métier, animal…) – Rédiger un court message à diffuser à la radio dans le cadre « Ce que j’échange contre… » – Chacun présente sa météo interne de la semaine avec une petite carte à l’appui. – Recette de cuisine (au moins 3 ingrédients) + expliquer la préparation. – Batibouw : la maison de la semaine – Une carte géographique qui montre le trajet entre lundi et vendredi Mémoire des points de la semaine (ISELL Liège) – Si j’étais une salade, je serais composée de… car… – Si j’étais un vêtement, je serais… car… – Si j’étais un inventeur de médicaments et potions magiques, je créerais… pour… – Si j’étais un monument célèbre, je serais… car… – Si j’étais une chanson, je serais… car… – Si j’étais un journal ou une émission télé, je serais… car… – Création d’un mandala géant où tous les dessins doivent se toucher – “Oufti mazette” ou “Chaud boulette” (4 lignes en rimes) – Résumer sa semaine en 4 vers, lire avec intonation rap, par exemple – Si je devais jouer dans un film, ce serait dans… pour… – Cette fin de semaine, si j’étais un personnage de contes de fées, je serais… qui… – Si j’étais Dieu, que changerais-je ? – Si j’étais une couleur, je serais… parce que… – Si j’étais un personnage de Disney, je serais… parce que… – Si j’étais un animal, je serais… parce que… – Si j’étais une saison, je serais… parce que… – Si j’étais l’un des 7 pêchés capitaux, je serais… ; – Si j’étais une boisson, je serais… car… ; – Si j’étais une pâte à modeler, je serais… – Si j’étais un jeu de société, je serais… – Si j’étais une bibliothèque, je serais… – Si j’étais un oiseau, je serais… – Si j’étais un pays, je serais… – Si j’étais un comique, je serais… – Croiser les mots point et semaine chacun à son tour vient ajouter un mot qui correspond à son état ou à ses préoccupations en cette fin de semaine ou durant la semaine. Quand chacun a placé un mot, tout le monde peut en ajouter, tant qu’il y a des idées – Réalisation d’un dessin collectif ou personnel qui résume son humeur de la semaine – Si je devais me décerner une médaille, ce serait la médaille de… car…. – Émoticons/smiling

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