Le 10 novembre dernier, c’était une journée de grève des enseignant·es. Une journée très bien suivie à travers tout le territoire de la FWB pour dénoncer les mesures prises depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition actuelle. Une journée malheureusement de nouveau entachée par des violences policières visant à nous faire peur.
Pas facile de vivre la guerre continue que mène notre gouvernement contre l’école, contre l’équité, contre les enseignant·es et contre les jeunes. Pas facile de supporter ce mélange continu de sophismes, de mensonges, d’attaques ad hominem de toute personne osant critiquer. J’y vois une application à la lettre des techniques décrites si bien par Naomi Klein dans son livre Stratégie du choc[1]Naomi Klein, La Stratégie du choc, 2007., à savoir l’imposition rapide et massive de mesures pendant le petit laps de temps que dure le pouvoir que l’on sait éphémère. Imposition de mesures soutenues par un discours à propos d’urgences rendant l’action obligatoire. Nous pouvons identifier deux urgences dans le discours actuel : la menace prétendue d’une invasion russe du territoire de l’OTAN et, surtout, la menace d’une faillite de l’État. Aucune des deux ne tient vraiment la route si on y regarde de plus près.
« Pas facile de vivre la guerre continue que mène notre gouvernement contre l’école, contre l’équité, contre les enseignant·es et contre les jeunes. »
Les relations entre l’Union européenne et le régime autocratique russe se sont clairement dégradées ces dix dernières années. Les discours actuels des deux côtés ressemblent étrangement aux discours qu’on pouvait entendre à travers l’Europe en 1913, voire dans les années 1930. Le fameux article 5 de l’OTAN impose une assistance par tous les membres à tout pays sous attaque, mais « chaque allié est chargé de déterminer ce qu’il juge nécessaire d’apporter dans le contexte considéré[2]https://www.nato.int/cps/fr/natohq/topics_110496.htm ». Notons que personne ne peut nous dire réellement la probabilité d’une attaque russe. Par ailleurs, la Belgique n’est pas non plus obligée d’acheter des F35 ni d’autres armes à coups de milliards parce que ce serait imposé par l’OTAN.
Le deuxième désastre prétendu vaut peut-être encore plus notre attention : les difficultés financières diagnostiquées tout d’un coup à tous les niveaux de pouvoir. Sans défendre la gestion budgétaire des gouvernements précédents auxquels les deux partis francophones au pouvoir ont régulièrement participé, il est quand même étonnant que nous les voyions aujourd’hui comme des conducteurs de train roulant les yeux bandés à 300 km/h vers l’abysse qui s’ouvrait devant eux. Auraient-ils amené joyeusement le pays au bord d’une faillite à la grecque, tout en sifflotant et en annonçant que tout allait bien ?
Je crois que les difficultés budgétaires d’un État ne relèvent jamais d’une fatalité imposée, mais bien d’un choix politique et plus largement d’un choix sociétal. Pour l’illustrer, voici quelques faits qui illustrent que les mesures de ce gouvernement ne sont pas sans alternative. Zorro pourrait bien venir à notre rescousse[3]https://www.rtl.be/actu/belgique/politique/peut-toujours-esperer-que-zorro-va-arriver-mais-valerie-glatigny-justifie-ses/2025-11-10/article/769935. Aujourd’hui, ce que nous observons comme politique, en FWB, en Wallonie et au fédéral est une lutte des classes féroce dans laquelle les riches se sucrent sur le dos des pauvres :
Mais, en quoi savoir tout cela va sauver l’école, me demanderez-vous ? Ces faits permettent de montrer que la répartition de l’énorme richesse de la Belgique entre des objectifs différents, c’est toujours un choix politique. L’alimentation des caisses publiques peut se penser autrement que par des coupes claires dans les tâches essentielles de l’État. Nous devons donc continuer à nous battre contre la politique pour les riches menée par le gouvernement actuel, pour dégager des marges qui permettront de construire une école plus égalitaire.
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