Simplifions le calcul de l’encadrement à l’école primaire

Avec la fin du mois de septembre arrive le décompte final des périodes attribuées à l’adaptation de la langue de l’enseignement[1]Il s’agit de périodes supplémentaires accordées aux écoles qui accueillent des élèves dont le français n’est pas la langue usuelle à la maison. Un autre calcul est aussi effectué pour les élèves primo-arrivants.. Depuis quelques années, de nombreux élèves d’origine immigrée ont acquis la nationalité belge et ne rentraient donc plus dans ce calcul. Pourtant, dans bien des cas, le français restait la langue seconde au niveau familial. Nous constations donc une baisse sensible des périodes dites ALE. De nouvelles règles se sont mises en place cette année afin de compenser ces pertes. Nous ne pouvions que nous féliciter de ce changement. Néanmoins la récolte des informations n’a pas été simple : appel aux compositions de ménage actualisées, d’abord auprès des parents ou à défaut auprès des administrations communales parfois submergées par nos demandes, appel aussi, de façon plus floue et délicate aux historiques de nationalité…. Beaucoup de travail, de mobilisation, parfois d’ingérence dans la vie privée des parents afin de réunir les preuves nécessaires pour l’attribution des périodes. Plus tard, les vérificateurs devront aussi passer beaucoup de temps afin de vérifier le bien fondé de nos démarches. Cela amènera sûrement encore des tensions, des erreurs d’appréciation à ce niveau. En analysant de plus prêt les élèves qui bénéficient in fine de ces périodes ALE, force est de constater quelques aberrations. Par exemple les ressortissants italiens, espagnols ou portugais sont ceux qui conservent le plus souvent leur nationalité d’origine. Or très souvent, ce ne sont pas ces élèves qui ont le plus besoin de l’adaptation à la langue française.

Depuis peu, nous engrangeons les périodes dites Arena en vue de renforcer l’encadrement en P1et P2. Malgré la complexité du calcul et certaines aberrations qui en découlent, cet apport est le bienvenu et est incontestablement un plus pour l’encadrement des premières années de scolarité obligatoire. Or les bénéficiaires de ces périodes sont souvent les mêmes que ceux qui ont l’encadrement ALE (puisqu’il faut moins de trois ans de scolarité obligatoire donc on les retrouve en P1 et P2 voir P3). Afin d’offrir un horaire le plus complet aux enseignants concernés, c’est aussi souvent le même enseignant qui assure les périodes de remédiation et les périodes d’ALE. Dans la pratique, ces enseignants ont d’abord l’objectif de soutenir le mieux possible des élèves en difficulté quelque soit son statut.
Ne serait-il dès lors pas plus simple et efficace d’attribuer à chaque école un nombre de périodes « d’aide et de soutien aux élèves en difficulté » qui serait attribué sur base de deux critères :
– le nombre d’élèves présents le 30 septembre en P1 et P2 et sur base d’un calcul simplifié (comme celui qui attribue le capital période)
– les critères socio-économiques tels qui sont définis pour la distribution des subsides. Il semblerait assez évident que ces critères correspondent aux besoins de soutien en général et d’adaptation à la langue en particulier

De façon pratique, il appartiendrait aux écoles de fournir leurs chiffres à l’administration qui , en fonction des deux critères cités précédemment, indiquerait aux écoles le nombre de périodes auxquelles elles peuvent prétendre, sans autre formalité.

Parallèlement à cela, il semble opportun de maintenir un calcul séparé pour les élèves primo-arrivants qui dans tous les cas ont besoin d’un encadrement spécifique ne se limitant pas à P1 et P2.

Pierre Smets, Septembre 06

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 Il s’agit de périodes supplémentaires accordées aux écoles qui accueillent des élèves dont le français n’est pas la langue usuelle à la maison