Édito 269

Ce qu’on a fait : parler entre porteuses* de ce que ça nous évoquait, les synthèses, la structuration, ce que les Français appellent, un peu à l’ancienne, la  leçon  ou plus jargonnant l’institutionnalisation. Que veulent dire ces mots, déjà ? Distinguer ce que les élèves ont fait (en construisant, en cherchant, en parlant…) de ce qu’il y a à en tirer comme apprentissages ? Passer du savoir local à un savoir universel  ? Mettre sur papier ce que les élèves doivent étudier pour l’interro ? Et, étudier, c’est quoi ? Comment les élèves s’y prennent-ils et quels outils leur donnons-nous pour réaliser cette mission très floue ?

On a cherché des personnes qui y ont réfléchi et d’autres qui ont expérimenté de nouvelles choses. On leur a dit les questions qui nous travaillaient et ce qu’on avait envie qu’elles nous racontent dans leurs textes.

On a attendu, un peu, beaucoup (anxiété), puis on a lu les textes qui nous arrivaient, relu, discuté, proposé des choses en plus, en moins, des intertitres accrocheurs, en essayant de ne pas être trop normatives, mais quand même avec nos propres envies et habitudes d’écriture.

Ce qu’on a appris : que les profs pataugent souvent entre l’envie de rester au plus proche de l’expérience des élèves et de leurs mots, et celle de faire une belle synthèse, bien structurée qui dirait l’essentiel, tout l’essentiel et rien que l’essentiel. Bonne et belle à la fois !

Qu’en pédagogie « active », le risque est grand de s’en tenir à l’activité, sans expliciter aux élèves ce qu’on attend qu’ils en tirent comme apprentissages, creusant ainsi les inégalités entre les élèves.

Que travailler à l’appropriation des savoirs, c’est aussi travailler avec les élèves l’acte d’écriture, ce qui prend du temps, beaucoup… et que le gonflement des missions données à l’école ne favorise pas ce temps, pourtant indispensable.

Que c’est parfois au moment de construire la synthèse avec les élèves qu’on réalise que certains n’ont rien appris ou appris « à côté ». Si on mène l’exercice avec sincérité, c’est aussi un miroir tendu au prof et on n’est pas toujours fièr·es de ce qu’on y voit. C’est un risque à prendre !


* Personnes du comité de rédaction qui se pré et s’occupent d’un dossier de TRACeS du projet rédactionnel au suivi des décisions du comité.