Mémorandum CGé – élections 2024

[Communiqué de presse]

5 février 2024

Enseignement : qui a peur du tronc commun ?

L’a.s.b.l. Changements pour l’égalité (CGé) vient de présenter son mémorandum à l’occasion des élections 2024. Sous le slogan « Mieux et plus de Pacte » l’association réclame un approfondissement des mesures du Pacte pour un enseignement d’excellence. Pour elle, l’objectif principal de la politique scolaire doit être la réduction des inégalités scolaires en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Dans sa communication, CGé met l’accent sur une mesure phare du Pacte : le tronc commun qui vise à offrir à tous les élèves le même socle de compétence jusqu’à la troisième secondaire. « Le tronc commun cristallise une bonne partie des enjeux de notre système scolaire », explique Pierre Waaub, le président de l’association. « Il symbolise la volonté d’un changement de paradigme d’une école qui trie et qui sélectionne dans un esprit de concurrence, reléguant ceux qui ne peuvent pas suivre le rythme,  vers une école qui permet à chacun d’acquérir les compétences nécessaires. »

Réussir ce tronc commun implique la capacité du système scolaire d’évoluer. Une bonne partie des mesures du Pacte visent cette évolution, que ce soit les mesures autour de l’accompagnement personnalisé et le dossier d’accompagnement de l’élève, ou la réforme de la formation continue, les plans de pilotages et la lutte contre la pénurie. Mais leur implémentation ne se fait pas sans heurts : « Il est clair que le rythme des réformes est colossal et parfois menaçant. Par ailleurs, aucune réforme n’est jamais aussi bonne que sa réalisation concrète sur le terrain et vu que tout est nouveau, la plupart des acteurs tâtonnent créant ainsi encore plus d’incertitude et de frustration », déclare Moritz Lennert, le secrétaire général de CGé. « Il ne faut pas sous-estimer la charge que représente déjà une journée devant les élèves. Devoir en même temps revoir toutes ses habitudes, et remplir des charges supplémentaires n’est pas facile. »

CGé craint que le ras-le-bol tout à fait compréhensible des enseignants combiné à la volonté de certains mouvements politiques d’affaiblir l’aspect égalitaire du Pacte ne sonne le glas de cette réforme ambitieuse. « Les réticences à organiser de véritables écoles de tronc commun ont montré lors de cette législature que certains réseaux de pouvoirs organisateurs et certains acteurs politiques n’ont pas vraiment envie d’implémenter cette partie du Pacte, pourtant indispensable si on veut sérieusement lutter contre les inégalités. », explique le secrétaire général.

Autre point d’achoppement : la question de la répartition des moyens selon les besoins. Pour CGé, la difficulté pour une école d’amener les élèves au socle de base de connaissances augmente exponentiellement avec l’augmentation de la proportion d’enfants de milieux populaires, sachant que ces enfants sont souvent plus loin des codes et du langage de l’école. « Nous demandons donc clairement une concentration accrue de moyens dans les écoles scolarisant des enfants socioéconomiquement défavorisés. C’est la seule manière d’amener tout le monde vers ce socle de base. Et les études dans d’autres pays ont bien montré que cela n’implique pas nécessairement une baisse de niveau chez les autres. Il suffit de mettre les bonnes conditions », rassure le président.

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MÉMORANDUM