Cette étude prend la forme d’un récit. Celui d’une école fondamentale en quartier populaire traversée comme bien d’autres par des difficultés structurelles. Une école dite « ghetto » que nous avons accompagnée durant un an dans l’analyse des problèmes que ses membres rencontraient et dans la recherche commune de pistes d’actions.
« À l’école, il n’y a que des Arabes mais ça faut pas le dire », « On est une école poubelle et de punis », « Quand on voit le temps, l’attention que l’on donne à certains enfants, et la reconnaissance qu’on a des parents… c’est frustrant », « Ma fille se fait frapper et vous ne faites rien ! C’est une mauvaise école »…
Parce que leurs problèmes portaient en particulier sur les liens aux familles d’élèves, ce sont eux qui ont constitué l’objet explicite de notre partenariat. Le départ d’une recherche-action qui fera d’abord rédiger des récits de situations insatisfaisantes à chaque enseignant et parent de l’école mobilisé dans la recherche, jusqu’à aboutir à la réunion dans des chantiers de production de l’ensemble de l’équipe, de parents, d’agents CPMS, d’animateurs associatifs, d’interprètes et du pouvoir organisateur.
Ce récit s’adresse à tous.
Il vise à rendre palpable le quotidien d’une école semblable et de ses difficultés, au-delà des clichés qu’on peut parfois en avoir.
S’il décrit au singulier l’état des rapports famille-école, il donne aussi à réfléchir aux conditions plus larges d’un partenariat avec les familles des élèves (étude I). S’il met l’emphase sur des enjeux relationnels, il questionne par extension les gestes professionnels des enseignants, leur éthique (étude II), ainsi par exemple que des stratégies qui peuvent faciliter le travail et la réputation de l’école, à l’échelle du quartier (étude II).
Cette double étude, c’est enfin une tentative pour faire droit à une autre éthique de l’accompagnement. Une éthique qui dit en particulier l’importance de miser sur l’intelligence collective, sans cloisonner ou externaliser le diagnostic de ce qui est vécu (cf le dossier proposé en annexe, sur les écoles en dispositifs d’ajustement).
« Au départ, je ne savais pas vraiment vers quoi nous allions aller et quels résultats nous pourrions obtenir. Comment mon équipe allait-elle rentrer dans la démarche ? Après la première journée, les retours de mon personnel étaient très positifs, les enseignants se sentaient écoutés et entendus. Pour la deuxième journée, j’étais très stressée quant aux retours des parents et c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai constaté qu’il y avait un réel respect de part et d’autre. »
S’engager pour accompagner
CHAPITRE 1 : le contexte
CHAPITRE 2 : l’accompagnement
CHAPITRE 3 : faire face aux enjeux relationnels
Ceci n’est pas une conclusion
Annexes
Récit d’une école en quartier populaire
CHAPITRE 1 : Suite de l’accompagnement
CHAPITRE 2 : Sur les gestes professionnels
CHAPITRE 3 : Quelques enjeux structurels
Un récit d’obstacles
Annexes
Annexe : Extrait de la note CGé « Pacte : quels changements pédagogiques impulser ? » – Jacques Cornet