Résilience collective

En 2022, le projet reprend là où en était en 2018. Rappelez-vous : l’équipe a décidé de rejoindre la Felsi.

Les cercles de la CEV avancent chacun au rythme de leur routine de fonctionnement et vivent des réalités de plus en plus différentes. Plusieurs membres actifs depuis longtemps rendent leur tablier. Les initiatives pour organiser des Hackathons pédagogiques génèrent peu de participation…

« L’ouverture de l’école est encore reportée. »

C’est alors que le cercle Parcours décide de proposer une refonte des responsabilités, en misant sur les deux enjeux principaux pour l’ouverture de la Cité école vivante : le besoin de fonds et le besoin d’idées. Deux cercles Fond’ACTION et Émul’ACTION voient le jour. L’arrivée de nouveaux membres est sollicitée. Plus de 25 personnes, sur une soirée et d’emblée, les nouvelles recrues prennent part aux réunions, s’intéressent en profondeur au projet et soulignent la richesse de ce qui a déjà été réalisé.

OÙ EN SOMMES-NOUS ?

Nous avons fait un plan financier pour les trente premières années de vie de l’école. Ce sera serré, pendant les six premières années, car la population d’élèves sera partielle et les travaux de réhabilitation en cours (avec location ailleurs). Les spécialistes bancaires nous assurent que c’est faisable. Pour les années de démarrage, des apports externes devront être trouvés, mais, après, le financement par la FWB sera suffisant.

Le nouveau dossier est déposé depuis décembre 2022. Nous espérons un feu vert, notamment parce que la Felsi a l’habitude de soutenir de tels dossiers devant la commission de la DGE qui les examine (pendant presque six mois…).

Le Forem a refusé notre proposition de bail emphytéotique sur le bâtiment qu’il vend à Cointe, un ancien centre de formation où de conséquents travaux seraient planifiables sur trois ans. Notre asbl la CEV ne souhaite pas devenir propriétaire. Il nous reste des pistes à creuser pour louer le site de Cointe, d’autres partenaires potentiels vont être contactés.

Les nouveaux cercles organisant la CEV sont au travail ! Un rétroplanning avec un point d’aboutissement à la rentrée 2024-2025 permet de poser un cadre et des objectifs concrets aux réunions. Dans le cercle Émul’ACTION, on parle évaluation, création d’ateliers interdisciplinaires, tronc commun et accompagnement des élèves. Dans le cercle Fond’ACTION, on se penche sur la recherche active de bâtiments provisoires et on formalise les dossiers de demandes de subsides (selon le calendrier des appels qui s’ouvrent à toutes les écoles de la FWB).

Nous répondons toujours à de nombreux mails de parents pour expliquer l’état d’avancement du projet, et nous devons souvent expliquer que l’ouverture de l’école est encore reportée.

FAIRE ÉCOLE AVEC DES ADOLESCENTS

Un autre défi : faire participer les adolescents à la phase de création de leur école. Il n’est pas question de faire pour ni de faire par, mais bien de créer l’émulation grâce aux idées et au réalisme progressiste de cette jeunesse.

Dans les messages que nous recevons, nous constatons que les jeunes et les parents se reconnaissent de moins en moins dans le format actuel de l’école. C’est l’une des caractéristiques de notre projet pédagogique : nous n’essayons ni de nier les différences ni de les compenser ; nous tentons d’opérationnaliser une approche universelle de l’apprentissage (inspirée des politiques éducatives canadiennes). C’est une manière de permettre à chacun de faire comme les autres, mais à sa façon. Les besoins spécifiques des élèves sont sans doute bien trop singuliers pour que l’on puisse y remédier individuellement ; alors l’idée fondamentale du projet, c’est de concevoir des dispositifs initialement inclusifs et non à aménager par négociation.

PARTAGER, DIFFUSER, CRÉER L’ÉMULATION

Même si nous sommes conscients que notre projet entretient la logique du quasi-marché scolaire et que notre « offre pédagogique » entend répondre à une certaine demande, nous prenons le risque de l’assumer, en espérant un jour inspirer d’autres écoles secondaires, d’autres dynamiques d’équipe.

À l’instar du lycée intégral Roger Lallemand qui a produit un podcast documentaire sur la création de l’établissement et la première année de fonctionnement, nous souhaitons laisser des traces de notre parcours. Parce qu’il y en a, des choses à apprendre, à oser, à négocier, quand on veut créer une école !

LA TÉNA-CITÉ

C’est qu’on y tient à cette école! À ce qu’elle produit déjà et à ce qu’on espère y produire, bientôt, avec les adolescents et les adultes impliqués. On y tient aussi parce que notre expérience nous montre que l’enthousiasme est communicatif. On ose à peine croire à tout ce qui nous a été offert : des aides concrètes (impressions diverses, conception du site internet, mise en place d’un shooting photos, accompagnement pour la formulation de notre référentiel de compétences, création de l’étiquette de notre bière « L’idée folle », supervision pour nos questions en matière de gouvernance partagée, etc.).

On tient bon aussi parce qu’on a reçu des centaines de messages de soutien et parce que des tas de gens restent présents à nos côtés (nos familles, nos [ex-] collègues, des sympathisants pédagogiques, des parents inquiets pour leurs enfants à inscrire en secondaire…). C’est aussi cela qui maintient la force vive qui anime le projet et qui lui permet de rester vivant !

Mais pour pouvoir tenir, il faut aussi lâcher. C’est un peu comme cette maxime humoristique qu’on peut parfois lire dans les maisons de parents d’enfants en bas âge : « Avant j’avais des principes ; maintenant j’ai des enfants. » Nous, avant, on avait des idéaux, maintenant on les confronte à la réalité. Nous avons appris non pas à renoncer, mais à cerner ce qui vaut vraiment la peine de se battre. À la Cité école vivante, on bataille pour une école qui fait sens, qui donne à tous les jeunes l’occasion d’apprendre à assumer des responsabilités qui leur conviennent, à prendre part aux actions collectives pour un monde durable et équitable. C’est à cela qu’on tient et c’est cela qui nous fait tenir.

 

[1]G. Istace, L’envol de l’école.

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 G. Istace, L’envol de l’école.