PIRLS, enquête internationale, mesure le niveau
de compréhension en lecture en 4e primaire.
Les résultats 2021 sont parus en mai 2023.
Tous les enseignants qui travaillent les compétences en lecture — y en a-t-il qui estiment qu’ils ne doivent pas le faire ? — devraient consulter le site de l’ULiège[1]miniurl.be/r-5h3d présentant la dernière enquête de 2021. Ils y trouveront non seulement les résultats, mais également d’autres informations et des outils intéressants.
On peut bien sûr critiquer ces enquêtes[2]miniurl.be/r-5h3c, mettre en avant l’engagement très néolibéral de l’OCDE, l’obsession du classement des performances nationales, des conseils méthodologiques étiquetés enseignement explicite, des biais méthodologiques toujours possibles, des usages politiques contestables, mais on aurait tort de négliger une série d’informations intéressantes. Par exemple : la comparaison entre pays des pratiques de classe déclarées et les différences entre la FWB et les autres pays.
« On peut bien sûr critiquer ces enquêtes, mais on aurait tort de négliger une série d’informations intéressantes. »
PIRLS veut non seulement évaluer le niveau de compréhension en lecture et comparer les résultats des pays de l’OCDE entre eux, mais également mettre ces résultats dans leurs contextes culturels, socioéconomiques et pédagogiques. Cette mise en contexte permet de proposer des hypothèses qui expliquent les écarts importants entre pays.
La FWB ne s’en sort pas bien. Elle est parmi les derniers de la classe, particulièrement pour les textes informatifs et pour les compétences « Prélever et inférer » et « Interpréter, intégrer et évaluer ».
L’enquête propose également d’évaluer les résultats selon quatre niveaux de lecture. 38 % des élèves de FWB n’atteignent pas le niveau 2, celui qu’on peut considérer comme le seuil en dessous duquel l’usage de la lecture dans la vie quotidienne pose un problème. Et seuls 3 % de nos élèves atteignent le niveau 4, quand 18 % y arrivent en Angleterre et 16 % en Bulgarie.
Si la moyenne FWB est de 494 points (pour 500, la moyenne OCDE), l’écart entre filles et garçons est de 10 points (à l’avantage des filles, faut-il encore le signaler), l’écart entre francophones et allophones est de 16 points. L’écart le plus important se situe entre les 25 % les plus favorisés (socio-économico-culturellement) et les 25 % les plus défavorisés : 85 points.
La moyenne des écarts entre riches et pauvres pour tous les pays OCDE est de 78 points. La Bulgarie, très efficace, connait aussi le plus gros écart en termes d’équité : 122 points. Alors que la Finlande prouve qu’efficacité et équité sont compatibles avec un écart de 63 points. La FWB cumule donc inefficacité et inéquité…
Parmi les explications, la FWB cumule différents facteurs négatifs qui interagissent : la concentration d’enfants pauvres dans des écoles très socialement homogènes et une pratique du redoublement beaucoup plus fréquente que dans les autres pays.
Pour toutes les activités de lecture — quelles qu’elles soient et pour tous types de textes —, les enseignants FWB déclarent y consacrer un temps significativement inférieur aux autres, ce qui est un facteur important. Ensuite, des différences sont relevées sur les types d’activités, celles proposées lors de l’enseignement de la lecture et celles pour améliorer les aptitudes à la compréhension.
Les différences les plus marquées concernent les activités d’explicitation. Les enseignants FWB déclarent plus de dix fois moins que la moyenne OCDE « Enseigner aux élèves comment faire des résumés ». Il y a quand même de quoi se poser des questions…
Parmi les activités pour développer les aptitudes à la compréhension, les enseignants FWB déclarent deux fois moins que les autres « Comparer ce qu’ils ont lu à leurs propres expériences » ou encore « Comparer ce qu’ils ont lu à d’autres matériels lus précédemment ».
Outre ces comparaisons contextuelles entre pays, l’ULiège, via PIRLS, propose différents outils, des exemples d’épreuves, des fiches didactiques pour les enseignants et des capsules vidéo pour les élèves (de P4 à P6).
Si, dans les fiches didactiques, l’étiquette explicite revient régulièrement comme un slogan, on ne peut qu’être d’accord et souhaiter que tous les enseignants respectent comme principes : « Intégrer les activités de lecture dans un contexte signifiant et fonctionnel », « Susciter des interactions approfondies avec le contenu des textes » ou encore « Intégrer l’enseignement de la lecture à celui d’autres matières ». De l’explicite comme ça, on en redemande…
Notes de bas de page
| ↑1 | miniurl.be/r-5h3d |
|---|---|
| ↑2 | miniurl.be/r-5h3c |